News
  • 06/10/2026

Ghana : GoldBod fait de l’or un nouveau levier d’approvisionnement en dollars pour les banques

Le Ghana veut mieux canaliser vers son système bancaire les dollars générés par ses opérations aurifères. À travers sa plateforme GoFX, le Ghana Gold Board (GoldBod) met en place un nouveau cadre de vente au comptant destiné à rendre l’accès aux devises plus prévisible pour les banques commerciales.

 

Le dispositif marque une nouvelle étape dans la stratégie du Ghana visant à tirer davantage de liquidités en devises de son secteur aurifère. Les banques autorisées pourront désormais soumettre leurs demandes de dollars via GoFX, dans le cadre de ventes organisées deux fois par semaine, les mardis et jeudis selon l’annonce publiée par GoldBod le 5 octobre.

 

Lorsque les demandes dépasseront les montants disponibles, les dollars seront répartis au prorata des besoins exprimés. Le mécanisme doit ainsi offrir aux banques davantage de visibilité tout en limitant les possibilités d’attribution discrétionnaire des devises.

 

GoFX enregistrera les demandes, les allocations et l’historique des opérations, permettant à la Banque du Ghana et au ministère des Finances de disposer d’une traçabilité complète des transactions.

 

GoldBod dispose de volumes croissants de dollars

 

L’enjeu de cette réforme apparaît surtout dans les volumes de devises désormais mobilisés par GoldBod.

 

En septembre, l’organisme affirme avoir généré 1,871 milliard de dollars grâce à ses opérations sur l’or artisanal et à petite échelle, contre un objectif mensuel de 1,4 milliard de dollars. Sur cette somme, 701,3 millions de dollars ont été vendus aux banques commerciales, tandis que 1,170 milliard de dollars ont été mis à la disposition de la Banque du Ghana pour renforcer les réserves de change.

 

GoldBod prévoit de maintenir un niveau élevé de mobilisation en octobre, avec un objectif de 1,5 milliard de dollars. Jusqu’à 1 milliard de dollars pourraient être destinés aux banques commerciales, tandis que jusqu’à 500 millions de dollars doivent contribuer aux réserves de la banque centrale.

 

Ces montants donnent une autre dimension au nouveau mécanisme. GoldBod n’est plus seulement un acteur de la filière aurifère : il devient progressivement une source significative de liquidités en dollars pour le système financier ghanéen.

 

Des dollars destinés à répondre à des besoins réels

 

Le nouveau cadre cherche également à mieux encadrer l’utilisation des devises. Les banques devront notamment certifier que leurs demandes correspondent à des besoins réels non satisfaits de leurs clients ou à leurs positions courtes en devises, conformément aux règles de la Banque du Ghana.

 

Les transactions seront réglées le même jour. Cette organisation doit réduire les risques liés au décalage entre le paiement en cedis et la livraison des dollars, tout en accélérant la mise à disposition des devises aux banques.

 

Pour GoldBod, l’objectif est également de renforcer la transparence. GoFX doit permettre de suivre électroniquement les demandes, les allocations et les transactions, avec une piste d’audit accessible au régulateur.

 

Un nouveau rôle pour GoldBod sur le marché des changes

 

La réforme modifie aussi la répartition des rôles entre GoldBod et la Banque du Ghana. GoldBod prend davantage en charge l’intermédiation des devises issues de ses opérations aurifères, tandis que la banque centrale conserve ses fonctions de supervision et de régulation.

 

Pour le Ghana, l’enjeu dépasse donc la création d’une plateforme numérique. Le pays cherche à faire de son or une source plus régulière de dollars pour son économie, en orientant une partie des devises vers les banques commerciales et une autre vers les réserves officielles.

 

Si les volumes annoncés se maintiennent, ce mécanisme pourrait contribuer à accroître l’offre formelle de dollars sur le marché et à réduire certaines tensions sur les devises. Son impact dépendra toutefois de la capacité de GoldBod à maintenir ses achats et exportations d’or, mais aussi de l’évolution de la demande de dollars dans l’économie ghanéenne.

 

L’or change ainsi progressivement de statut dans la stratégie financière du Ghana : au-delà des recettes d’exportation, il devient un instrument de mobilisation de devises, de liquidité bancaire et de renforcement des réserves de change.

Partager sur