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  • 24/07/2026

Afrique du Sud : La SARB maintient son taux directeur à 7% face au risque inflationniste lié au pétrole

La Banque de réserve sud-africaine (SARB) a décidé de maintenir son taux directeur à 7%, estimant que les pressions inflationnistes restent trop importantes malgré un ralentissement attendu de l’économie. Le Comité de politique monétaire (MPC) privilégie la prudence alors que la hausse des prix des carburants, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la remontée des anticipations d’inflation compliquent la trajectoire de désinflation.

 

Réuni en juillet 2026, le MPC dirigé par le gouverneur Lesetja Kganyago a maintenu inchangé le principal taux directeur, après la hausse décidée lors de la précédente réunion. La décision n’a toutefois pas été unanime : quatre membres du comité ont soutenu le statu quo, tandis que deux autres plaidaient pour une nouvelle hausse de 25 points de base.

 

« Les perspectives demeurent incertaines et, compte tenu de la hausse des taux intervenue lors de notre précédente réunion, la politique monétaire actuelle est appropriée pour le moment », a expliqué la banque centrale.

 

Une inflation encore trop élevée malgré les progrès

 

L’inflation sud-africaine reste au-dessus de l’objectif fixé par la SARB. Le taux actuel s’établit à 5%, alors que la banque centrale vise désormais une cible de 3%, avec une marge de tolérance de ±1 point.

 

Selon le MPC, l’inflation devrait rester supérieure à 4% jusqu’au début de 2027, principalement sous l’effet des prix des carburants. La récente remontée du pétrole, passé d’environ 70 dollars à près de 90 dollars le baril après l’aggravation des tensions au Moyen-Orient, constitue un nouveau facteur de risque.

 

La banque centrale surveille également avec attention l’évolution de l’inflation des services. L’assurance, les transports et le logement affichent encore des hausses largement supérieures à la cible de 3%, alimentant les inquiétudes sur une possible persistance des tensions inflationnistes.

 

Une croissance fragile malgré un début d’année encourageant

 

Sur le front économique, l’Afrique du Sud a enregistré une croissance meilleure qu’attendu au premier trimestre 2026, proche de 2% en glissement annuel. Mais cette performance repose davantage sur la progression des exportations nettes que sur une véritable reprise de la demande intérieure.

 

La SARB prévoit un ralentissement de l’activité aux deuxième et troisième trimestres, pénalisé par une baisse de la confiance des ménages et des entreprises. La hausse des prix du carburant, l’incertitude économique et les difficultés persistantes des administrations locales continuent de peser sur l’investissement et la consommation.

 

Pour la banque centrale, le redressement économique dépendra surtout de la poursuite des réformes structurelles, notamment dans l’énergie, les transports et la gouvernance locale.

 

Le pétrole, principal facteur d’incertitude

 

Dans ses scénarios de risque, la SARB souligne l’importance de l’évolution du conflit au Moyen-Orient. Dans son scénario défavorable, un baril à 100 dollars en 2026 pourrait maintenir l’inflation durablement au-dessus de la cible et obliger la banque centrale à relever davantage ses taux.

 

À l’inverse, une baisse progressive du pétrole vers 78 dollars cette année puis 60 dollars à l’horizon 2029 permettrait un retour plus rapide de l’inflation vers l’objectif et ouvrirait la voie à un assouplissement monétaire.

 

La SARB estime ainsi que sa politique actuelle reste nécessaire pour éviter un désancrage des anticipations d’inflation. Son modèle de projection prévoit une stabilité des taux jusqu’à la fin de l’année avant d’éventuelles baisses lorsque l’inflation reviendra durablement vers 3%.