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  • 24/07/2026

Ghana : Le GoldBod fait entrer le financement de l'or dans une nouvelle ère avec des règles inspirées du secteur bancaire

Le Ghana poursuit la transformation de sa filière aurifère. Dans un avis publié le 22 juillet, le Ghana Gold Board (GoldBod) a annoncé un durcissement des conditions d'accès à son programme de financement des achats d'or, en imposant aux acheteurs agréés de nouvelles exigences de solvabilité, de garanties et de conformité. Une évolution qui rapproche désormais le fonctionnement de ce dispositif des standards appliqués par les établissements financiers.

 

Désormais, tout acheteur d'or agréé de niveau 2 souhaitant bénéficier d'un financement du GoldBod, par l'intermédiaire d'un agrégateur, devra suivre un parcours strict. Celui-ci comprend notamment une demande formelle de financement, la vérification de la licence, des procédures de connaissance du client (KYC), une évaluation de la solvabilité ainsi que la signature d'un accord de financement commercial soumis à l'approbation du GoldBod.

 

Le changement le plus marquant concerne toutefois la gestion du risque de crédit. Les bénéficiaires devront fournir une garantie bancaire, une garantie de paiement anticipé, une caution d'assurance ou toute autre sûreté jugée acceptable par l'agrégateur. Cette garantie représentera entre 10% et 50% du montant du financement accordé, en fonction du profil de risque établi lors de l'analyse de crédit.

 

« L'exigence relative à cette sûreté sera déterminée sur la base de l'évaluation de la solvabilité de l'acheteur agréé de niveau 2, effectuée par l'agrégateur et approuvée par le GoldBod », précise l'institution dans son avis.

 

Une logique de financement proche des pratiques bancaires

 

À travers cette réforme, le GoldBod dépasse son rôle d'organisme chargé des achats d'or pour adopter une approche comparable à celle des établissements de crédit. L'accès au financement ne repose plus uniquement sur le statut d'acheteur agréé, mais également sur une analyse approfondie de la capacité de remboursement et de la qualité du risque présenté par chaque opérateur.

 

L'accord de financement commercial devra ainsi préciser les modalités de remboursement, les obligations de reporting, les exigences de conformité, les garanties apportées ainsi que les procédures applicables en cas de défaut de paiement.

 

Le GoldBod rappelle d'ailleurs que « l'accès au Programme de Financement Commercial constitue un privilège continu et non un droit acquis ». L'institution se réserve ainsi le droit de réexaminer à tout moment la solvabilité, les performances commerciales, l'historique de remboursement et le niveau de conformité de chaque participant afin de suspendre, restreindre ou retirer son accès au financement si les risques deviennent trop importants.

 

Une surveillance renforcée des flux financiers

 

La réforme introduit également plusieurs garde-fous destinés à limiter les risques de concentration et les montages financiers complexes.

 

Un acheteur de niveau 2 bénéficiant déjà d'un financement ne pourra plus recevoir directement ou indirectement des fonds provenant d'un autre acheteur de niveau 2 lui-même financé dans le cadre du programme. De même, un acheteur de niveau 1 ne pourra recevoir des financements indirects de plus de trois acheteurs de niveau 2 financés simultanément.

 

Ces dispositions visent à renforcer la traçabilité des financements et à limiter les risques de circulation incontrôlée des ressources mises à disposition par le GoldBod.

 

Les bénéficiaires actuels invités à régulariser leur situation

 

Les opérateurs bénéficiant déjà du programme devront, quant à eux, migrer vers ce nouveau dispositif. Le GoldBod leur demande de rembourser intégralement leurs financements en cours et de clôturer leurs comptes existants auprès des agrégateurs au plus tard le 1er août 2026.

 

À défaut, ils seront retirés de la liste des acheteurs de niveau 2 éligibles jusqu'au règlement complet de leurs dettes.

 

Le dispositif prévoit également une procédure graduelle en cas de défaut : mise en demeure, suspension de la licence d'acheteur, puis poursuites pénales si les sommes dues ne sont toujours pas remboursées dans les délais impartis.

 

En renforçant les exigences prudentielles de son programme de financement, le GoldBod poursuit ainsi la professionnalisation de la filière aurifère ghanéenne. Au-delà du soutien aux achats d'or, l'institution cherche désormais à sécuriser l'utilisation des fonds publics, améliorer la discipline financière des opérateurs et consolider la gouvernance d'un secteur devenu stratégique pour l'économie du Ghana.