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  • 22/09/2026

Commerce africain : Afreximbank mobilise 500 millions de dollars pour accélérer la distribution des produits du continent

Afreximbank et l’Africa Trading and Distribution Company (ATDC) ont conclu une facilité de crédit globale de 500 millions de dollars destinée à financer le négoce, la logistique et la distribution de marchandises africaines. L’enjeu dépasse le simple financement de transactions : il s’agit de renforcer les circuits permettant aux produits du continent de circuler plus efficacement entre les marchés africains.

 

Le commerce africain bute encore sur un paradoxe : le continent dispose de producteurs, de matières premières et d’une base industrielle en développement, mais peine à faire circuler ses marchandises à grande échelle d’un marché à l’autre. C’est précisément sur ce maillon que Afreximbank entend intervenir avec une nouvelle enveloppe de 500 millions de dollars accordée à l’Africa Trading and Distribution Company (ATDC).

 

Signée le 21 septembre au Caire, cette facilité donnera à l’ATDC une capacité supplémentaire de financement du commerce pour développer des opérations de négoce et de distribution à travers l’Afrique. Les fonds pourront notamment servir à acheter et agréger des produits africains, mais aussi à financer le transport, la logistique, l’entreposage et la distribution.

 

Financer les « tuyaux » du commerce africain

 

Le dispositif est conçu comme un financement du cycle commercial. L’ATDC pourra mobiliser les ressources pour acquérir des marchandises, les regrouper puis assurer leur acheminement vers les marchés. Le remboursement des financements sera ensuite adossé aux recettes générées par la vente des produits concernés.

 

Autrement dit, Afreximbank ne finance pas uniquement la marchandise : elle cherche également à financer les différentes étapes qui permettent à cette marchandise d’atteindre son marché. Une nuance importante dans un continent où les coûts et les contraintes liés au transport, au stockage et à l’accès au fonds de roulement peuvent freiner le commerce régional.

 

L’ATDC compte utiliser cette capacité pour développer des corridors commerciaux reproductibles et constituer des réseaux d’approvisionnement et de distribution plus fiables. L’objectif est notamment d’améliorer la disponibilité régionale des matières premières, des intrants industriels et des produits à valeur ajoutée.

 

Une plateforme déjà présente dans quatre marchés

 

Créée pour renforcer les infrastructures commerciales du continent, l’ATDC dispose de premières opérations locales en Égypte, au Nigeria, au Malawi et au Zimbabwe. La plateforme cherche notamment à rapprocher producteurs, transformateurs, industriels et marchés, tout en réduisant les difficultés liées à l’accès aux débouchés et à l’information commerciale.

 

Cette implantation donne une dimension opérationnelle à la nouvelle facilité. L’ambition n’est pas seulement de financer ponctuellement des achats de marchandises, mais de construire des circuits commerciaux susceptibles d’être reproduits sur plusieurs marchés africains.

 

Pour Stewart Makura, directeur général de l’ATDC, la capacité à relier efficacement les producteurs, les transformateurs, les industriels et les marchés constitue une condition essentielle pour exploiter le potentiel commercial du continent. Selon lui, la facilité permettra notamment de renforcer l’agrégation de l’offre et de mobiliser le fonds de roulement nécessaire à la circulation des marchandises.

 

La ZLECAf comme horizon

 

Derrière cette opération se trouve un enjeu plus large : donner une traduction concrète à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

 

La baisse des barrières commerciales ne suffit pas, à elle seule, à créer un marché continental fluide. Encore faut-il disposer d’entreprises capables d’acheter les produits, de les agréger, de les stocker, de les transporter et de les distribuer dans plusieurs pays.

 

C’est ce déficit d’infrastructure commerciale que veut adresser le partenariat entre Afreximbank et l’ATDC. Kanayo Awani, vice-présidente exécutive chargée du Commerce intra-africain et du Développement des exportations d’Afreximbank, estime que la facilité doit contribuer à renforcer les chaînes de valeur régionales, élargir l’accès aux marchés pour les producteurs africains et soutenir les exportations de produits manufacturés.

 

L’enjeu est également industriel. En facilitant la circulation de produits transformés sur le continent, le dispositif doit contribuer à accroître la valeur ajoutée réalisée en Afrique, à favoriser la substitution de certaines importations et à améliorer la compétitivité des produits africains sur les marchés internationaux.

 

Une nouvelle brique dans la stratégie d’Afreximbank

 

La facilité de 500 millions de dollars s’inscrit dans une stratégie plus large d’Afreximbank visant à développer l’infrastructure commerciale du continent. L’ATDC avait été créée avec le concours du Fund for Export Development in Africa (FEDA), aux côtés notamment d’Arise Integrated Industrial Platforms et du Secrétariat de la ZLECAf. Lors de son lancement opérationnel, Afreximbank avait annoncé un engagement de financement pouvant atteindre 1 milliard de dollars pour soutenir les activités de la plateforme.

 

La banque panafricaine cherche ainsi à intervenir sur plusieurs maillons du commerce : financement, paiements, accès aux marchés, transformation locale et désormais distribution à grande échelle.

 

Pour l’ATDC, les 500 millions de dollars constituent donc moins une simple ligne de crédit qu’un levier pour passer d’opérations commerciales ponctuelles à des corridors d’approvisionnement capables de connecter durablement plusieurs économies africaines.

 

Le pari est clair : pour que le marché continental devienne une réalité économique, les produits africains doivent pouvoir circuler aussi facilement que les capitaux et les accords commerciaux. Et sur ce terrain, le financement des « tuyaux » du commerce pourrait compter presque autant que la suppression des barrières douanières.