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  • 08/10/2026

Crédit privé : IFC et BlueOrchard veulent canaliser 2 milliards de dollars vers les marchés émergents, dont l’Afrique

IFC et BlueOrchard lancent un véhicule de dette privée pouvant atteindre 2 milliards de dollars, destiné à attirer davantage de capitaux institutionnels vers les économies émergentes. L’Afrique pourrait bénéficier de cette nouvelle source de financement, alors que les besoins en capitaux privés du continent restent considérables.

 

Le financement des économies émergentes ne repose plus uniquement sur les banques de développement ou les budgets publics. IFC, membre du Groupe de la Banque mondiale, et BlueOrchard, gestionnaire d’investissements à impact du groupe Schroders, veulent accélérer l’arrivée des investisseurs institutionnels sur le marché du crédit privé.

 

Les deux partenaires ont annoncé, le 8 octobre, la création d’un véhicule d’investissement en dette privée visant jusqu’à 2 milliards de dollars d’engagements. Une première clôture de 300 millions de dollars a déjà été réalisée, avec Tokio Marine Group comme investisseur principal.

 

Le dispositif cible notamment les fonds de pension, les assureurs et les fonds souverains à la recherche d’une exposition de long terme au crédit des marchés émergents. Sa particularité tient à son fonctionnement à capital permanent : les investisseurs peuvent souscrire et, selon les périodes prévues, demander le rachat de leurs parts, tandis que les capitaux récupérés peuvent être réinvestis dans de nouveaux financements.

 

Un relais potentiel pour l’Afrique

 

Pour les économies africaines, l’intérêt de l’initiative réside surtout dans la possibilité de diversifier les sources de financement disponibles. Les entreprises et institutions financières du continent restent confrontées à un accès limité au crédit long terme, notamment pour les investissements nécessitant des montants importants et des maturités étendues.

 

IFC ne présente toutefois pas ce véhicule comme un fonds consacré à l’Afrique. Il vise plus largement les marchés émergents. Le continent fait néanmoins partie des régions où l’institution intervient massivement auprès des entreprises et des établissements financiers et où la mobilisation de capitaux privés constitue un enjeu majeur.

 

« Les marchés émergents ont besoin de milliers de milliards de dollars pour investir dans leur développement, bien plus que ce que les finances publiques peuvent fournir », a déclaré Makhtar Diop, directeur général d’IFC. Selon lui, le partenariat doit permettre de rapprocher les capitaux institutionnels des entreprises créatrices d’emplois et d’opportunités économiques.

 

L’ambition est donc moins de remplacer les banques traditionnelles que d’élargir le nombre d’investisseurs capables de financer directement ou indirectement l’activité économique dans les marchés émergents.

 

Une nouvelle génération du modèle MCPP

 

Le nouveau véhicule s’inscrit dans la continuité du Managed Co-Lending Portfolio Program (MCPP) d’IFC. Lancé en 2013, ce programme permet à des investisseurs privés de co-investir aux côtés de l’institution dans des prêts accordés sur les marchés émergents.

 

La plateforme revendique aujourd’hui une capacité de plus de 25,5 milliards de dollars. Le nouveau dispositif cherche à aller plus loin en ouvrant ce modèle à une base plus large d’investisseurs institutionnels et en lui donnant une structure à capital permanent.

 

Pour BlueOrchard, qui revendique 25 ans d’expérience dans l’investissement sur les marchés émergents, l’objectif est également de répondre à l’appétit croissant des investisseurs pour le crédit privé, avec une combinaison de rendement, de diversification et d’exposition à des économies en développement.

 

« Les investisseurs institutionnels recherchent de plus en plus des opportunités de crédit privé à long terme », a déclaré Michael Wehrle, PDG de BlueOrchard, mettant en avant la capacité du gestionnaire à constituer des portefeuilles diversifiés sur ces marchés.

 

L’enjeu sera désormais de transformer cette capacité de mobilisation en financements effectivement déployés dans les économies émergentes. Pour l’Afrique, où les besoins d’investissement restent nettement supérieurs aux ressources publiques disponibles, chaque nouveau canal capable d’attirer des capitaux institutionnels internationaux constitue un levier potentiel supplémentaire.