News
  • 08/10/2026

Dangote Refinery : Après le Kenya, l’Ouganda autorise la commercialisation de l’IPO auprès de ses investisseurs

Après le Kenya, l’Ouganda permet à son tour à des investisseurs locaux d’accéder à l’introduction en Bourse de Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals au Nigéria. Mais Kampala encadre strictement cette ouverture, réservée aux investisseurs professionnels et aux particuliers fortunés.

 

L’offensive régionale autour de l’IPO de Dangote Refinery se poursuit. Deux jours après le feu vert donné par les autorités kényanes, la Capital Markets Authority (CMA) de l’Ouganda a autorisé la promotion, la commercialisation et la distribution de l’offre sur son territoire. Une décision qui élargit encore le bassin d’investisseurs potentiellement accessibles à la raffinerie nigériane, alors que la souscription doit s’achever le 13 octobre.

 

La décision ougandaise fait suite à une demande déposée au nom de Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals FZE par Stanbic IBTC Capital. La CMA précise avoir vérifié que l’offre et son prospectus avaient déjà reçu l’approbation de la Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigéria, le régulateur compétent pour cette opération.

 

Mais Kampala ne donne pas pour autant carte blanche à l’émetteur. Toutes les opérations de promotion, de sollicitation et de distribution doivent passer par un intermédiaire agréé par la CMA et ayant obtenu son autorisation écrite. À ce stade, SBG Securities Uganda Limited est le seul intermédiaire explicitement autorisé à proposer l’offre aux investisseurs ougandais.

 

Surtout, l’accès est limité aux particuliers à patrimoine élevé et aux investisseurs professionnels. La CMA interdit toute publicité indiscriminée, sollicitation de masse ou campagne destinée au grand public. L’ouverture du marché ougandais est donc réelle, mais elle reste volontairement ciblée.

 

Une IPO qui dépasse progressivement le marché nigérian

 

Cette décision intervient alors que Dangote cherche à élargir la participation à son IPO au-delà du Nigéria. Au Kenya, la CMA a approuvé le 5 octobre un prospectus simplifié permettant aux investisseurs éligibles de participer à l’opération via des Global Depositary Receipts (GDR). Ces titres doivent représenter les actions Dangote acquises dans le cadre de l’IPO et pourront être cotés à la Nairobi Securities Exchange, sous réserve des autorisations nécessaires.

 

Nairobi a depuis autorisé plusieurs intermédiaires locaux à faciliter la participation de leurs clients à l’offre nigériane, renforçant concrètement les canaux d’accès pour les investisseurs kényans.

 

L’approche ougandaise est différente. Kampala ne met pas en place, à ce stade, un mécanisme de GDR comparable à celui annoncé au Kenya. Elle autorise plutôt la distribution de l’offre étrangère dans un cadre réglementaire spécifique, avec un filtrage des investisseurs et des intermédiaires.

 

La distinction est importante : dans les deux cas, les régulateurs permettent à leurs marchés d’accéder à une opération nigériane, mais chacun le fait selon ses propres instruments et règles de protection des investisseurs.

 

1,6 milliard de dollars en jeu

 

Derrière cette expansion géographique se trouve une opération financière de grande ampleur. Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals propose 4,1 milliards d’actions ordinaires à 525 nairas l’unité, soit une levée potentielle de 2,15 billions de nairas (environ 1,6 milliard de dollars). L’offre est ouverte depuis le 14 septembre et doit prendre fin le 13 octobre 2026.

 

Pour Dangote, l’enjeu dépasse donc la seule mobilisation de capitaux sur le marché nigérian. L’arrivée progressive d’investisseurs d’autres marchés africains contribue aussi à donner à l’opération une dimension régionale, en permettant à des capitaux situés hors du Nigéria de prendre part au financement d’un actif stratégique du continent.

 

Mais la CMA Ouganda prend soin de ne pas présenter son feu vert comme un label de qualité. L’autorité souligne que son approbation ne constitue ni une recommandation d’investir ni une validation des performances commerciales ou financières attendues de Dangote Refinery. Elle rappelle également que certains acteurs intervenant dans les dispositifs de conservation et d’exécution au Nigéria ne relèvent pas de sa supervision directe.

 

Pour les investisseurs ougandais, le risque ne disparaît donc pas avec l’autorisation réglementaire. La CMA attire notamment leur attention sur le risque de change, les risques de marché et de conservation, les questions fiscales ainsi que les modalités d’exercice des droits attachés à des titres émis dans une juridiction étrangère.

 

Avec le Kenya et désormais l’Ouganda, Dangote Refinery dispose en tout cas de deux portes d’entrée supplémentaires vers les capitaux d’Afrique de l’Est. Et à quelques jours de la clôture de l’IPO, cette extension régionale pourrait devenir l’un des faits marquants de l’opération.