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  • 01/09/2026

Ghana : Perseus Mining verse 35 millions de dollars à l’État, Accra veut capter davantage la rente aurifère

Le boom de l’or commence à se traduire plus directement dans les recettes de l’État ghanéen. Le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, a annoncé que Perseus Mining Ghana Limited avait versé 391,195 millions de cédis, soit environ 35 millions de dollars, sous forme de dividende à l’État. Un montant sept fois supérieur aux quelque 5 millions de dollars versés l’année précédente.

 

« Le Ghana doit percevoir sa juste part des revenus du secteur extractif », a souligné le ministre, en présentant cette progression comme le résultat de la forte rentabilité de la compagnie minière.

 

L’annonce intervient dans un contexte particulièrement favorable aux producteurs d’or. Perseus Mining a enregistré une année 2026 record, avec 404 998 onces d’or produites et un chiffre d’affaires proche de 1,5 milliard de dollars. Son bénéfice après impôts a atteint 480,5 millions de dollars, en hausse de 14% sur un an.

 

Une réforme fiscale conçue pour profiter du boom de l’or

 

Pour Accra, l'enjeu dépasse donc le seul dividende de Perseus. Le gouvernement a profondément modifié le mécanisme de taxation de l'or en remplaçant l'ancien taux fixe de 5% de royalties par un système progressif indexé sur le prix du métal.

 

Avec ce nouveau barème, la redevance peut atteindre 12% lorsque le prix de l'or dépasse 4 500 dollars l'once. Le principe est simple : lorsque les cours montent et que les marges des compagnies minières augmentent, la part revenant à l'État doit elle aussi progresser.

 

Cette réforme marque un changement important dans la stratégie minière du Ghana. Le premier producteur d'or d'Afrique ne veut plus seulement attirer les investissements étrangers et augmenter les volumes produits. Il veut aussi capter une part plus importante de la valeur créée par ses ressources naturelles.

 

Perseus, un cas emblématique

 

Perseus Mining est particulièrement représentatif de cette nouvelle dynamique. La compagnie australienne détient 90% de la mine d'Edikan, dans l'ouest du Ghana, où la production commerciale a commencé en 2012. Le site a déjà produit plus de 2 millions d'onces d'or et disposait encore de réserves estimées à 998 000 onces au 30 juin 2026.

 

Mais le groupe est désormais un producteur panafricain. Outre Edikan, il exploite les mines de Sissingué et Yaouré en Côte d'Ivoire, tandis qu'il développe le projet aurifère de Nyanzaga en Tanzanie.

 

La forte hausse du dividende versé au Ghana intervient donc au moment où Perseus affiche lui-même une rentabilité en nette progression. Le groupe a déclaré pour son exercice 2026 un dividende total de 14 cents australiens par action, représentant 187 millions de dollars australiens retournés à ses actionnaires.

 

Accra veut changer le partage de la rente

 

Le message du gouvernement ghanéen est désormais difficile à manquer : la hausse du prix de l'or ne doit pas profiter uniquement aux compagnies minières et à leurs actionnaires.

 

Le mécanisme de royalties progressives constitue précisément l'outil permettant à l'État d'augmenter automatiquement sa participation fiscale lorsque les conditions de marché deviennent plus favorables.

 

Cette stratégie intervient alors que les producteurs présents au Ghana profitent de cours de l'or historiquement élevés. Elle pourrait ainsi permettre à Accra d'accroître ses recettes sans nécessairement augmenter les volumes de production.

 

Le sujet est d'autant plus stratégique que les compagnies minières sont elles-mêmes confrontées à un environnement réglementaire plus exigeant. Gold Fields, autre géant présent au Ghana, a récemment signalé que l'incertitude entourant le renouvellement de ses concessions de Tarkwa pesait sur la valorisation du groupe.

 

Pour le gouvernement de John Mahama, le cap est donc posé : attirer les capitaux miniers, oui ; laisser l'essentiel de la rente sortir du pays, non.

 

Le dividende de 35 millions de dollars de Perseus est, à ce titre, davantage qu'un simple transfert financier. Il constitue un premier indicateur visible de la volonté d'Accra de rééquilibrer le partage de la richesse générée par l'or ghanéen.

 

C'est là que se trouve le véritable enjeu de cette annonce : avec son nouveau système de royalties, le Ghana ne cherche plus seulement à produire davantage d'or. Il veut que chaque flambée du métal jaune rapporte davantage au Trésor.