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  • 11/02/2026

Nigéria : La Banque centrale mise sur la confiance pour relancer l’économie

Le Nigéria entre dans 2026 avec un message clair de sa Banque centrale : la stabilité économique passe par la coordination et la crédibilité institutionnelle. Olayemi Cardoso, gouverneur de la Banque centrale du Nigéria (CBN), trace les contours d’une stratégie où les réformes ne suffisent plus à elles seules ; elles doivent s’inscrire dans un dispositif cohérent, visible et durable.

 

« L'année a débuté avec un accent clair sur la coordination et le rétablissement de la confiance à long terme », affirme Cardoso. Pour lui, la stabilité macroéconomique ne peut plus reposer sur des actions isolées. « Nous reconnaissons que la stabilité macroéconomique ne s'obtient pas par des mesures isolées, mais par le travail concerté des institutions. » Dans un pays où l’inflation reste volatile et la monnaie sous pression, ce positionnement stratégique vise à rassurer autant les investisseurs que les ménages.

 

Coordination budgétaire et monétaire : resserrer les rangs

 

L’une des priorités de la CBN est d’aligner les politiques budgétaire et monétaire. Cardoso a rencontré la ministre d’État aux Finances, Doris Uzoka-Anite, et le président du Service des recettes, Zacch Adedeji, pour renforcer cette cohérence.
« Une coordination institutionnelle soutenue reste essentielle pour garantir une mise en œuvre crédible et les résultats nécessaires pour soutenir la résilience économique à long terme du Nigeria », rappelle-t-il.

 

Cette démarche s’inscrit dans un contexte de réformes structurelles, notamment dans la régulation bancaire et la gestion des finances publiques. La crédibilité des politiques économiques dépend désormais de leur cohérence entre institutions.

 

Intégrité financière et transparence : un levier stratégique

 

Au-delà de la coordination, la Banque centrale met l’accent sur l’intégrité du système financier. En recevant Olanikpekun Olukoyede, président de la Commission des crimes économiques et financiers, Cardoso a souligné que « notre engagement s'est concentré sur le renforcement de la transparence, le renforcement de la coopération institutionnelle et la garantie que les gains issus de la réforme soient maintenus ».

 

Dans un pays où la perception du risque reste élevée, ces mesures visent à solidifier la confiance des acteurs économiques et à protéger les investissements.

 

Attirer les capitaux à long terme

 

Le Nigéria mise également sur l’alignement des capitaux privés avec ses réformes. Une délégation de British International Investment, conduite par Diana Layfield et accompagnée du haut-commissaire britannique Richard Montgomery, a été reçue à la CBN. Les discussions ont porté sur « l'alignement des capitaux à long terme sur le programme de réforme du Nigéria ».

 

Cardoso insiste : « une politique crédible, une réglementation fondée sur des données et un système bancaire résilient » sont indispensables pour mobiliser des investissements durables. La Banque centrale affirme ainsi sa volonté de créer un environnement stable et prévisible pour les capitaux étrangers.

 

Inclusion financière et innovation numérique

 

Le gouverneur a également mis en avant le rôle des infrastructures numériques dans la transformation économique. Lors de sa rencontre avec les dirigeants de MTN Nigéria, il a souligné « la promotion des paiements numériques, de l'inclusion financière, de l'innovation sécurisée et d'une participation économique plus large ».

 

Mais la CBN reste vigilante : « La protection des consommateurs et le maintien de la confiance du public sont essentiels à la résilience et à l'impact à long terme ». L’économie numérique doit se développer, mais sous le signe de la discipline et de la sécurité.

 

Une stratégie de confiance récompensée

 

Les efforts de la CBN pour restaurer la confiance ont été reconnus par le journal The Sun, qui a décerné à Cardoso le prix « Homme de l’année ». Pour lui, ce prix reflète un travail collectif visant à « rétablir la confiance, renforcer la crédibilité et maintenir la discipline dans le domaine des réformes ».

 

Alors que le Nigéria navigue dans un contexte mondial incertain, le message de la Banque centrale est limpide : stabilité macroéconomique, renforcement institutionnel et mobilisation de capitaux durables sont les piliers de la trajectoire de croissance à long terme.

 

« Nos réformes doivent apporter une valeur tangible aux entreprises, aux investisseurs et aux ménages », conclut Cardoso. Dans un pays en pleine transition, la confiance n’est pas un slogan. C’est une politique.