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  • 11/02/2026

Economie : Le Ghana prépare sa souveraineté fiscale post-FMI avec un Conseil indépendant

Le Ghana, confronté ces dernières années à une pression économique intense, se prépare à tourner une page cruciale de sa gouvernance financière. En 2022, le pays avait été contraint de solliciter l’appui du Fonds monétaire international (FMI) pour stabiliser ses finances publiques et juguler une dette publique devenue préoccupante, alors que l’inflation galopait et que le déficit budgétaire dépassait les seuils soutenables. Le programme de soutien du FMI a permis au Ghana de réduire progressivement l’inflation et de remettre ses comptes sur une trajectoire plus saine, tout en respectant des objectifs stricts de réforme budgétaire et fiscale.

 

Aujourd’hui, alors que le pays s’apprête à sortir officiellement du programme, le gouvernement ghanéen souhaite prendre le contrôle total de sa politique fiscale, sans dépendre d’un partenaire extérieur pour guider ses décisions financières. C’est dans ce cadre que le vice-ministre des Finances, Thomas Nyarko Ampem, a annoncé la création d’un Conseil fiscal indépendant, composé exclusivement de membres locaux. Cette instance aura pour mission de conseiller sur les décisions budgétaires, d’assurer la rigueur des contrôles financiers et de renforcer la transparence, garantissant ainsi une supervision interne robuste et durable.

 

Ampem souligne que cette initiative vise à consolider la stabilité économique à long terme et à renforcer la propriété locale de la gestion des finances publiques, une étape stratégique pour rassurer les investisseurs et maintenir la confiance des marchés. Le Ghana peut déjà se targuer de résultats positifs : l’inflation est tombée à 3,8%, les objectifs du programme FMI sont respectés et plusieurs indicateurs macroéconomiques montrent des tendances encourageantes.

 

La rencontre avec les représentants économiques français, Emmanuelle Boulestreau et Julien Frioux, a permis de souligner l’importance des partenariats internationaux pour accompagner cette transition. La France reste un partenaire clé, notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures, et un moteur potentiel d’investissement dans l’économie ghanéenne en pleine expansion.

 

En somme, le Ghana, après avoir traversé une période de réajustement sous l’égide du FMI, se prépare à affirmer sa souveraineté fiscale et à piloter ses finances de manière autonome, tout en continuant à attirer des partenaires internationaux pour soutenir la croissance et le développement durable.