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  • 11/02/2026

UNIWAX passe sous pavillon ivoirien : Une transition stratégique majeure pour le textile ouest‑africain

Dans une opération qui fait bouger les lignes de l’industrie textile ouest‑africaine, l’homme d’affaires ivoirien Koné Daouda Soukpafolo s’est porté acquéreur de UNIWAX, jusqu’ici filiale du groupe néerlandais Vlisco.

 

Cette information, confirmée par plusieurs sources économiques, marque une étape importante dans l’appropriation locale d’un asset industriel emblématique du pagne wax, un produit fortement ancré dans l’identité culturelle et économique de la région.

 

Une filiale stratégique qui change de mains

 

UNIWAX, fondée en Côte d’Ivoire dans les années 1970 sous l’impulsion du groupe Vlisco, constitue l’un des principaux producteurs de pagne wax sur le continent. L’entreprise fait partie de l’univers Vlisco — une maison néerlandaise spécialisée dans les textiles pour marchés africains — depuis sa création et a longtemps servi de point d’ancrage industriel régional. Les liens entre Vlisco et UNIWAX sont bien établis dans l’histoire économique du secteur textile ouest‑africain.

 

C’est donc une transition significative que l’on observe aujourd’hui : une marque historiquement ancrée dans une multinationale européenne passe sous contrôle d’un investisseur ivoirien.

 

Une acquisition au bon moment

 

La cession intervient alors qu’UNIWAX affichait récemment un redressement notable de ses résultats, avec une amélioration du chiffre d’affaires et un retour à une rentabilité opérationnelle après plusieurs années difficiles. Des analyses financières publiées soulignent une trajectoire positive au cours des derniers trimestres.

 

Mais cette remontée ne signifie pas, en soi, une survie pérenne dans un marché textile ultra‑concurrentiel. Pour Vlisco, vendre à ce moment précis s’inscrit dans une logique classique de gestion de portefeuille : on cède un actif redevenu “présentable” pour optimiser sa stratégie globale, plutôt que de s’y attacher à long terme.

 

Une stratégie de recentrage chez Vlisco

 

Selon les analyses d’experts du secteur, Vlisco a, ces dernières années, recentré son développement sur des segments premium et des marchés plus rentables. Dans ce cadre, une filiale comme UNIWAX, bien qu’utile, peut apparaître comme non centrale. La vente permet au groupe de libérer des ressources pour se concentrer sur des priorités stratégiques jugées plus alignées avec son modèle global.

 

Un investisseur local aux commandes

 

La prise de contrôle d’UNIWAX par un entrepreneur ivoirien est un signal fort pour l’économie locale. Koné Daouda Soukpafolo, qui a construit sa réputation dans la filière coton, possède une compréhension fine des dynamiques agricoles et industrielles de la région. Cette expertise pourrait favoriser une intégration verticale plus poussée : du coton ivoirien vers la transformation textile, jusqu’à la distribution.

 

Historiquement, l’Afrique exporte majoritairement du coton brut, tandis que le textile fini est souvent importé. Une stratégie intégrée permettrait de remédier à cette dépendance structurelle, en renforçant la création de valeur locale.

 

Défis industriels et concurrence

 

Cependant, les défis restent nombreux. Le secteur textile est sensible aux coûts de l’énergie, aux fluctuations du change et à une concurrence internationale agressive, particulièrement de la part des producteurs asiatiques. Le redressement récent d’UNIWAX ne garantit pas, à lui seul, une reprise durable.

 

Pour réussir, les nouveaux dirigeants devront investir dans la modernisation des installations, optimiser les coûts de production et renforcer la compétitivité de leurs produits face aux importations à bas prix.

 

Une transition porteuse d’espoirs

 

L’opération illustre une tendance plus large : celle de capitaux africains reprenant le contrôle d’actifs industriels historiquement détenus par des multinationales. Cela s’inscrit dans un mouvement de relocalisation industrielle raisonnée, où les dirigeants locaux deviennent décisionnaires dans les secteurs clés de l’économie.

 

La question centrale n’est plus seulement de savoir qui possède UNIWAX, mais de comprendre comment cette acquisition peut transformer durablement le paysage industriel ouest‑africain.

 

Dans un contexte où la souveraineté économique et l’industrialisation sont des enjeux prioritaires, cette transition laisse entrevoir des perspectives nouvelles — à condition que les ambitions industrielles suivent les déclarations de principe.