Le rapport
MIND de février 2026, publié par le ministère des Finances, dresse
un tableau contrasté. Tandis que la Bourse de Kampala et les nouvelles
immatriculations d'entreprises affichent des performances remarquables,
l'inflation domestique et la contraction de la consommation révèlent des
fragilités structurelles persistantes.
Par Jean-Marc Gogbeu |
Source : MIND Update — Ministère des Finances (Ouganda) |
Mars 2026
En février 2026, l'économie ougandaise présente une
physionomie double. D'un côté, les indicateurs boursiers et entrepreneuriaux
signalent une confiance retrouvée des investisseurs et du secteur privé. De
l'autre, les données sur les dépenses des ménages et l'inflation tendent à
nuancer ce tableau, rappelant que la croissance macroéconomique ne se traduit
pas toujours immédiatement en amélioration du pouvoir d'achat des populations.
—
Une Bourse sous haute tension haussière
Le signal le plus fort du mois provient sans conteste de
la place financière de Kampala. L'indice USE All-Share a progressé de 10,3% en
un seul mois, passant de 1 655,60 points en janvier à 1 826,07 points en
février 2026. Une performance qui, à cette cadence, mérite d'être scrutée avec
attention par les investisseurs panafricains en quête de marchés émergents
dynamiques.
|
USE
All-Share Index 1 826 ▲ +10,3
% sur le mois |
Nouvelles
immatriculations 3 746 ▲ +52 %
vs janvier |
Indice IMF
matières 1ères 183,8 ▲ +10 %
sur le mois |
Cette progression boursière est concomitante d'une
hausse de 10% de l'indice des prix des matières premières du FMI, qui s'établit
à 183,83 points contre 166,8 en janvier. L'Ouganda, en tant qu'économie
dépendante des exportations de ressources naturelles, bénéficie mécaniquement
de ce regain de valorisation sur les marchés internationaux.
Sur le front entrepreneurial, la dynamique est tout
aussi soutenue. Les nouvelles immatriculations d'entreprises ont bondi de 52%
en un mois, passant de 2 464 en janvier à 3 746 en février. Ce chiffre reflète
en partie l'impact des réformes de simplification administrative — notamment le
déploiement du système d'enregistrement en ligne (OBRS) et les initiatives de
masse comme KiriEasy — qui ont substantiellement réduit les délais et coûts de
formalisation.
—
L'investissement consolide, le commerce extérieur s'améliore
La Formation Brute de Capital Fixe (FBCF), indicateur de
référence de l'investissement productif, a progressé de 6,9% entre le premier
et le deuxième trimestre de l'exercice budgétaire 2025/26, atteignant 14 253
milliards de shillings ougandais. Cette trajectoire positive suggère que les
acteurs économiques maintiennent leurs engagements d'expansion, malgré un
contexte mondial incertain.
|
FBCF — T2
FY2025/26 14 253 Mds UGX ▲ +6,9 %
vs T1 |
Recettes
d'exportation 15 499 Mds UGX ▲ +2,1 %
vs T1 |
Les exportations progressent également, avec des
recettes en hausse de 2,1% à 15 499 milliards de shillings au deuxième
trimestre. Mais c'est sur le front commercial que l'amélioration est la plus
spectaculaire : le déficit commercial mensuel s'est rétréci de 28,6%, passant
de 206,4 millions de dollars en décembre 2025 à 147,3 millions de dollars en
janvier 2026. Cette réduction notable est largement portée par la montée en
puissance des exportations d'or — passées de 823,68 à 913,95 millions de
dollars — et par le doublement quasi-total des ré-exportations de pétrole (de
14,01 à 29,18 millions de dollars).
« Le déficit commercial recule de 28,6 % en janvier,
porté par une hausse des exportations d'or à 913,95 millions de dollars et un
bond des ré-exportations pétrolières. »
|
Point de
contexte — Enregistrement des entreprises L'Ouganda a ramené à 2 jours seulement le délai moyen
d'immatriculation d'un investissement. Le système OBRS permet désormais
d'enregistrer un nom commercial en 30 minutes, et une société en 3 à 4
heures. Ces réformes s'inscrivent dans un objectif
gouvernemental de réduction du secteur informel de 54,8% à 41,5% d'ici à
l'exercice 2029/30. |
—
Inflation et consommation : les ménages sous pression
Si les marchés financiers et les agrégats
d'investissement affichent une belle vigueur, les indicateurs de niveau de vie
dessinent un tableau plus nuancé pour les ménages ougandais.
L'inflation alimentaire a rebondi à 0,8% en février
2026, après une légère déflation de 0,1% enregistrée en janvier. Simultanément,
l'inflation en matière d'énergie, de carburants et de services publics (EFU)
est passée de 0% à 0,6%, et celle des carburants liquides a accéléré à 1%,
contre 0,3% en janvier. Ces pressions, bien que modérées en termes absolus,
s'accumulent dans un contexte où le revenu médian reste structurellement
contraint.
|
Inflation
alimentaire +0,8 % ▼ rebond
après -0,1 % en jan. |
Inflation
énergie (EFU) +0,6 % ▼ vs 0 %
en janvier |
Dépenses
des ménages 42 438 Mds ▼ -1,5 %
vs T1 |
La Consommation Finale des Ménages (CFM) illustre
concrètement cette tension : elle a reculé de 1,5% entre le premier et le
deuxième trimestre, de 43 102 à 42 438 milliards de shillings. Cette
contraction, conjuguée à la montée des prix, traduit un arbitrage sous
contrainte des ménages entre différents postes de dépenses.
Sur le plan numérique, le coût d'un gigaoctet de données
mobiles a progressé de 3,2%, atteignant 2 102 shillings en décembre 2025. Une
tendance qui tranche avec la légère amélioration du côté des communications
vocales, dont le tarif a reculé de 4,4%, s'établissant à 0,43 shilling par
seconde. Ces signaux contradictoires dans le secteur des télécommunications
reflètent des dynamiques concurrentielles distinctes entre les segments data et
voix.
|
Signal à
surveiller — Arriérés judiciaires commerciaux Le nombre d'affaires commerciales en attente de
jugement a progressé de 29,8%, atteignant 2 135 dossiers (données de juin
2025). Ce goulot d'étranglement dans le règlement des litiges
constitue un frein potentiel à la compétitivité du climat des affaires,
susceptible de dissuader certains investisseurs à moyen terme. |
—
Perspectives : vigilance de mise
Le tableau de bord microéconomique de février 2026
invite à une lecture prudente. La conjonction d'une bourse dynamique, d'une
hausse des immatriculations et d'un recul du déficit commercial constitue un
socle de confiance appréciable. Les réformes structurelles engagées par le
gouvernement — digitalisation des procédures, centres de facilitation des
investissements, initiatives d'enregistrement de masse — commencent à produire
des effets mesurables sur le tissu entrepreneurial.
Toutefois, la contraction de la consommation des ménages
et la remontée simultanée des prix alimentaires et énergétiques rappellent que
la croissance des marchés ne diffuse pas encore pleinement vers les couches
populaires. Par ailleurs, la dégradation de la qualité de l'air à Kampala —
avec un taux de particules fines en hausse de 9,15%, à 32,2 µg/m³ — souligne
les coûts environnementaux et sanitaires d'une urbanisation rapide.
À court terme, l'Ouganda présente le profil d'une
économie en phase d'accélération sélective : des marchés et des acteurs
formalisés qui gagnent en vigueur, pendant que les défis de redistribution et
de durabilité demeurent des équations non résolues. C'est précisément dans cet
écart que réside l'enjeu majeur des politiques publiques pour les mois à venir.
Zinia Farnandiz Sep 28, 2024
Absolutely loved this post! Your tips on how to style a blazer are spot on. Keep up the great work, can’t wait for your next post!
Loren Watson Sep 18, 2024
Cover broad of topic in web development industry. Explained a lot of basic programming knowledge with easy to understand explanation.
Walter White Sep 29, 2024
Employees who have the flexibility to work remotely often report higher job satisfaction. This can lead to increased employee retention workforce.