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  • 28/10/2026

Perseus Mining : 1,18 milliard de dollars de retombées, trois réalités en Côte d’Ivoire, au Ghana et en Tanzanie

La compagnie minière a déclaré avoir distribué 1,18 milliard de dollars de valeur économique au Ghana, en Côte d’Ivoire et en Tanzanie au cours de l’exercice 2025-2026. La Côte d’Ivoire arrive en tête, tandis que le Ghana se distingue par ses paiements aux pouvoirs publics et que la Tanzanie enregistre la plus forte progression de ses dépenses locales.

 

Près de 711 millions de dollars d’achats locaux, plus de 383 millions de dollars d’impôts et de redevances, des salaires et des contributions communautaires : les données publiées par Perseus Mining dans son rapport de développement durable 2026 montrent comment les dépenses du groupe se répartissent entre ses trois pays d’activité. Mais les principaux bénéficiaires et les moteurs de cette redistribution diffèrent sensiblement d’un pays à l’autre.

 

Sur l’exercice 2025-2026 (FY26), la valeur économique distribuée atteint 556,6 millions de dollars en Côte d’Ivoire, contre 397,5 millions au Ghana et 229,5 millions en Tanzanie. Ces montants comprennent les achats auprès de fournisseurs locaux, les rémunérations, les paiements publics, les dividendes versés aux États et les contributions communautaires. Ils ne correspondent donc pas uniquement aux recettes encaissées par les gouvernements.

 

En Côte d’Ivoire, les fournisseurs locaux en première ligne

 

Avec 556,6 millions de dollars, la Côte d’Ivoire concentre près de la moitié de la valeur économique distribuée par Perseus dans les trois pays. Le montant progresse de 9,9% sur un an, notamment grâce aux achats locaux, qui atteignent 359,3 millions de dollars, contre 348 millions en FY25.

 

Ces achats représentent environ 65% du total déclaré dans le pays. Ils concernent notamment des prestataires de transport, de restauration et de services mobilisés par les opérations minières. Leur poids souligne l’importance des fournisseurs dans les retombées économiques de l’activité, sans toutefois permettre de déterminer quelle part de cette dépense correspond à une valeur entièrement créée en Côte d’Ivoire.

 

Les paiements publics progressent également. Les impôts et redevances passent de 98,8 millions à 147 millions de dollars. En revanche, les dividendes versés à l’État reculent, de 36,5 millions à 24,7 millions de dollars. Cette évolution contraste avec la hausse des recettes fiscales et rappelle que les différentes composantes de la redistribution ne suivent pas nécessairement la même trajectoire.

 

Perseus déclare par ailleurs 4,5 millions de dollars de contributions communautaires en Côte d’Ivoire. À Sissingué, le groupe mentionne des formations destinées à 50 jeunes ; à Yaouré, 17 jeunes issus des communautés environnantes ont intégré les effectifs du projet souterrain.

 

Au Ghana, la hausse des paiements publics domine

 

Au Ghana, la valeur économique distribuée par Perseus atteint 397,5 millions de dollars, en hausse de 26,2% sur un an. Cette progression s’explique en grande partie par l’augmentation des impôts et redevances, qui passent de 120,7 millions à 213,9 millions de dollars, soit une hausse d’environ 77%.

 

Ces paiements représentent près de 54% du montant total déclaré pour le pays. Ils constituent ainsi le principal moteur de la progression annuelle, alors que les achats locaux diminuent légèrement, de 163,7 millions à 154,8 millions de dollars. Les salaires et avantages du personnel augmentent, pour leur part, de 24,9 millions à 28,1 millions.

 

Le rapport signale une réforme du régime des redevances aurifères ghanéennes, entrée en vigueur le 10 mars 2026, qui a remplacé le taux uniforme de 5% par un barème progressif. Cette évolution constitue une piste à examiner pour comprendre la hausse des paiements publics. Les données publiées ne permettent toutefois pas d’affirmer qu’elle explique à elle seule l’augmentation constatée.

 

Le groupe indique que tous ses employés au Ghana sont de nationalité ghanéenne. Il cite aussi plusieurs initiatives autour de sa mine d’Edikan, notamment 175 bourses d’études et la construction d’infrastructures scolaires.

 

En Tanzanie, les dépenses locales changent d’échelle

 

La progression la plus spectaculaire concerne la Tanzanie. La valeur économique distribuée par Perseus y passe de 43,1 millions de dollars en FY25 à 229,5 millions en FY26. Les achats locaux en constituent l’essentiel : ils bondissent de 29,5 millions à 197,1 millions de dollars.

 

Cette hausse intervient alors que le groupe fait avancer son projet aurifère de Nyanzaga. Perseus indique avoir conclu avec le gouvernement tanzanien des modifications du cadre de développement et de l’accord entre actionnaires. Il précise également que 97% des effectifs du projet sont de nationalité tanzanienne.

 

Le rapport fait état d’environ 900 personnes issues des communautés locales employées dans des fonctions d’entrée de gamme ou semi-qualifiées. Un programme de formation en électricité a aussi été lancé pour 100 participants, avec une représentation féminine de 50%.

 

Le développement de Nyanzaga constitue un élément important du contexte, mais le rapport ne permet pas d’attribuer à ce projet, à lui seul, l’ensemble de la hausse des dépenses déclarées en Tanzanie. Il montre néanmoins à quel point le développement d’un projet minier peut modifier rapidement les flux d’achats et d’emploi associés à une entreprise.

 

Des montants qui ne suffisent pas à mesurer l’impact global

 

La comparaison fait ressortir trois profils : en Côte d’Ivoire, les achats locaux dominent ; au Ghana, la progression est principalement portée par les impôts et redevances ; en Tanzanie, les dépenses locales augmentent fortement dans un contexte de développement minier.

 

Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence. Ils reflètent la valeur économique que Perseus déclare avoir distribuée selon les catégories retenues dans son rapport. Ils ne mesurent pas, à eux seuls, la part de cette valeur qui reste durablement dans les économies nationales, les retombées indirectes sur les entreprises ou les coûts environnementaux et sociaux des activités minières.

 

Perseus fait également état de 5,17 millions de dollars de contributions communautaires pour les trois pays. Son tableau détaillé ventile les montants du Ghana et de la Côte d’Ivoire, mais ne présente pas de montant distinct pour la Tanzanie. Cette absence de ventilation ne permet pas de conclure à l’absence de contributions dans ce pays.

 

Pour les États hôtes, l’enjeu est donc moins de comptabiliser les dépenses d’une compagnie minière que de déterminer dans quelle mesure celles-ci renforcent durablement les entreprises locales, l’emploi et les capacités économiques du pays. Le rapport apporte des éléments de comparaison utiles, mais pas un bilan complet de cet impact.