Le modèle gabonais en matière d'assurance maladie universelle

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Le modèle d’Assurance maladie au Gabon est une véritable référence en Afrique Subsaharienne. Comptant  à ce jour plus de 900.000 assurés, soit 61% de la population totale estimée à 1.800.000 habitants. Les prestations aux assurés sont financées par trois fonds à savoir : le Fonds des Gabonais économiquement faibles (GEF), le fonds d’assurance maladie des travailleurs salariés du secteur privé et parapublic et le fonds d’assurance maladie des agents publics.

Historique de la CNAMGS

Le projet gabonais d’assurance maladie obligatoire et universelle s’inscrivait dans le cadre de la réforme du système gabonais de protection sociale initiée par le Gouvernement en 2002. En effet, le risque maladie avait été identifié, parmi tant d’autres, comme celui qui préoccupait le plus les Gabonais. Cette conclusion fut confirmée par des experts internationaux qui, à la demande du défunt Chef de l’État, Omar BONGO ONDIMBA, avaient aussi réalisé, en 2004, une étude de faisabilité d’une assurance maladie obligatoire et universelle au Gabon. Il faut toutefois rappeler qu’au début de la réflexion, il avait été envisagé la gestion de l’assurance maladie par les organismes existants à cette époque que sont:

  • la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) pour les salariés du secteur privé ;
  • la Caisse Nationale de Garantie Sociale (CNGS) pour les agents de l’État et les personnes économiquement faibles.

La Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS) fut finalement créée en 2007  par l’ordonnance n° 002/PR/2007 du 04 janvier 2007 instituant un régime obligatoire d’assurance maladie et de garantie sociale en République Gabonaise.
 

Un business model innovant

le Gabon a été invité à faire une présentation de son système d’assurance maladie, lors de la 16e session ordinaire du Conseil des Ministres de la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES) de février 2011 à Yaoundé, puis  durant la conférence Internationale sur la couverture universelle des Soins, tenue à Bangkok du 24 au 28 janvier 2012. Conférence durant laquelle le Gabon a été invité à faire une présentation sur le financement des soins de santé des personnes économiquement faibles. La mise en place de l’assurance maladie obligatoire a apporté aux structures sanitaires des financements nouveaux, à travers, non seulement les cotisations sociales payées par les employeurs et les travailleurs, mais surtout grâce à la redevance obligatoire à l’assurance maladie qui constitue une taxe spécifique portant actuellement sur le chiffre d’affaire des sociétés de téléphonie mobile et les transferts d’argent à l’étranger. Le produit de cette taxe sert à financer les prestations de santé des gabonais économiquement faibles.
Le fonds des gabonais économiquement faible est financé par une redevance obligatoire par assurance maladie collectée à hauteur de 10% sur le chiffre d’affaires des sociétés de téléphonie mobile et 2,5% sur le transfert des fonds à l’étranger.
Les deux autres fonds sont quant à eux, financés par le revenu du travail à hauteur de 5% pour l’employeur dans le secteur public contre 4,1% dans les secteurs privés et parapublics. 2,5% pour l’employé dans le secteur public contre 2% dans les secteurs privés et parapublics.
Le modèle Gabonais fait apparemment tache d’huile si bien qu’une délégation du ministère du Travail et de la sécurité sociale du Congo a séjourné à Libreville du 8 au 10 mars.  «Je puis vous assurer que le modèle d’assurance maladie du Gabon est une référence en Afrique subsaharienne. Et nous ne pouvons que nous en inspirer», a déclaré Frederick Manienze, chef de la délégation congolaise.
A la fin de la mission,  une délégation d’experts de la CNAMGS se rendra au Congo pour participer à la déclaration officielle, le 16 mars, de la refondation du système de sécurité social du Congo.
 
Source: Gabon Review
 
 
 

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