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  • Par Gogbeu Jean-marc
  • 04/11/2026

Africa Agri Forum 2026 : A Abidjan, l'Afrique cherche les moyens de financer sa souveraineté alimentaire

Réunis à Abidjan du 3 au 5 novembre, les acteurs du secteur agricole africain consacrent la 12ᵉ édition de l'Africa Agri Forum aux moyens de renforcer la production locale, d'accélérer la transformation agroalimentaire et de mobiliser davantage de capitaux en faveur des chaînes de valeur agricoles.

L'Afrique veut davantage produire, transformer et consommer ce qu'elle cultive. Mais entre cette ambition et sa concrétisation, plusieurs obstacles demeurent, notamment l'insuffisance des investissements, les difficultés d'accès au financement et les capacités limitées de transformation industrielle. C'est autour de ces enjeux que se tient la 12ᵉ édition de l'Africa Agri Forum, ouverte le 4 novembre à Abidjan, sous le thème « L'Afrique aux commandes de sa souveraineté alimentaire ».

Organisée par One Africa Forums sous l'égide du ministère ivoirien de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, la rencontre réunit des représentants des institutions publiques, des organisations internationales, des établissements financiers et des entreprises agro-industrielles. Plus de 400 participants issus d'une vingtaine de pays africains étaient annoncés par les autorités ivoiriennes.

La question du financement occupe une place importante dans les discussions. Un panel consacré à la mobilisation des capitaux publics et privés doit notamment examiner les moyens de financer les chaînes de valeur agricoles à plus grande échelle. Un enjeu déterminant pour un secteur dans lequel les besoins ne se limitent pas à la production : stockage, transport, équipements, infrastructures de transformation et accès aux marchés nécessitent également des ressources importantes.

Autre axe majeur du forum : le développement des agropoles et des zones de transformation. Ces espaces, conçus pour rapprocher les bassins de production des infrastructures industrielles et logistiques, constituent un levier potentiel pour réduire les pertes agricoles et accroître la valeur ajoutée créée localement.

La transformation du cacao, de l'anacarde et du coton figure également parmi les sujets abordés. Pour la Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao et acteur majeur de la filière anacarde, l'enjeu dépasse la seule augmentation des volumes récoltés. Il s'agit aussi de capter une part plus importante de la valeur générée par ces produits avant leur commercialisation sur les marchés internationaux.

Présente aux échanges, la FAO, représentée en Côte d'Ivoire par Joseph Nyemah, met également l'accent sur les partenariats public-privé, le renforcement des coopératives et le financement des chaînes de valeur agricoles.

Reste une question centrale : comment transformer ces orientations en investissements effectivement accessibles aux producteurs et aux entreprises agricoles ? Car la souveraineté alimentaire africaine dépendra autant de la capacité du continent à mobiliser des financements que de son aptitude à les convertir en infrastructures, en capacités de production et en industries agroalimentaires compétitives.