Pendant trois jours, Touba a réuni entrepreneurs, institutions financières, experts agricoles et décideurs publics autour d’une même ambition : transformer le potentiel agricole du Bafing en véritable moteur de croissance. Au-delà des discours et des ateliers, la deuxième édition des Journées Promotionnelles des Entreprises du Bafing (JPE-Bafing) a surtout révélé une région déterminée à prendre sa place dans la nouvelle carte économique ivoirienne.
Le Bafing ne manque ni de terres fertiles, ni de
ressources naturelles, ni de jeunesse entreprenante. Pourtant, comme de
nombreuses régions de l’intérieur du pays, il continue de chercher la formule
capable de convertir ses atouts en richesse durable.
C’est précisément autour de cette équation qu’a été
organisée la deuxième édition des Journées Promotionnelles des Entreprises du
Bafing (JPE-Bafing), du 18 au 20 juin 2026 à Touba.
Porté sous l’égide de la Chambre de Commerce et
d’Industrie de Côte d’Ivoire (CCI-CI), l’événement a rassemblé plusieurs
centaines d’acteurs économiques venus réfléchir à un enjeu devenu central :
comment faire de l’entrepreneuriat agricole et de l’agro-transformation les
piliers du développement régional ?
Derrière le thème officiel, une conviction s’est
imposée tout au long des échanges : l’avenir économique du Bafing ne se jouera
plus uniquement dans les champs, mais aussi dans la capacité des acteurs locaux
à transformer, valoriser et commercialiser leurs productions.
Former avant de financer
Les deux premières journées ont été consacrées à des
sessions pratiques destinées aux producteurs, transformateurs et porteurs de
projets.
Élevage, pisciculture, agriculture vivrière,
agro-transformation ou encore économie circulaire : les ateliers ont mis
l’accent sur des solutions directement applicables aux réalités du terrain.
Cette approche pragmatique traduit une évolution
notable dans les politiques d’accompagnement du secteur agricole. Il ne s’agit
plus seulement d’augmenter les volumes de production, mais de construire des
modèles économiques capables de générer davantage de valeur ajoutée localement.
Pour les organisateurs, l’enjeu est également social.
Structurer les filières agricoles doit permettre d’offrir de nouvelles
perspectives aux jeunes et aux femmes, souvent confrontés à un accès limité aux
opportunités économiques.
L’agro-transformation au cœur des
ambitions
La journée officielle du 20 juin a donné une dimension
plus stratégique aux débats.
Parrain de l’événement, Yssouf Fadiga, directeur
général de la Banque Nationale d’Investissement (BNI), a défendu avec vigueur
le rôle de l’agro-transformation dans la création de richesse.
Selon lui, la compétitivité agricole ne peut plus être
pensée uniquement à travers la production brute. La véritable création de
valeur réside désormais dans la transformation locale, capable de générer des
emplois, d’accroître les revenus des producteurs et de renforcer l’attractivité
des territoires.
Le dirigeant de la BNI a également rappelé
l’importance de l’accès au financement, soulignant l’engagement de son
institution en faveur du secteur agricole. Un signal particulièrement attendu
par les entrepreneurs locaux, souvent confrontés à des difficultés de
mobilisation de capitaux.
Faire émerger un véritable écosystème
régional
Au-delà du financement, les échanges ont mis en
lumière plusieurs défis structurels : sécurisation foncière, accès aux marchés,
renforcement des capacités entrepreneuriales et modernisation des outils de
production.
Pour la CCI-CI, ces défis ne pourront être relevés
qu’à travers une coopération renforcée entre les acteurs publics et privés.
L’institution consulaire a ainsi réaffirmé sa volonté
d’accompagner les entreprises du Bafing dans leur formalisation et leur
développement, avec l’ambition de faire émerger un tissu économique régional
plus compétitif.
Une annonce majeure pour le dialogue
public-privé
L’un des moments les plus significatifs de cette
édition est venu du Comité de Concertation État-Secteur Privé (CCESP).
À Touba, l’institution a officiellement lancé le
processus devant conduire à l’installation d’une plateforme locale de dialogue
public-privé dans le Bafing.
L’initiative pourrait constituer un tournant pour les
opérateurs économiques de la région. Elle doit permettre aux entreprises
locales de faire remonter plus efficacement leurs préoccupations auprès de
l’administration et de participer davantage à l’élaboration des solutions
adaptées aux réalités du terrain.
Dans une région où une part importante de l’activité
demeure informelle, cette démarche apparaît comme un levier essentiel pour
améliorer l’environnement des affaires.
Le Bafing veut passer à l’échelle
La signature d’un mémorandum d’entente entre la CCI-CI
et Bafing Projects ainsi que la présentation du projet FIFA-AGRI ont donné à
cette édition une dimension résolument opérationnelle.
Au-delà des annonces, les JPE-Bafing 2026 auront
surtout mis en évidence une volonté collective : faire du Bafing un territoire
capable d’attirer davantage d’investissements et de créer localement plus de
valeur à partir de ses ressources agricoles.
Le défi reste immense. Mais à Touba, pendant trois
jours, les discussions ont laissé entrevoir une conviction partagée : le
développement économique de la région passera moins par la recherche de
nouveaux potentiels que par une meilleure exploitation de ceux qui existent
déjà.
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