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  • 10/08/2026

Afrique du Sud : La BAII mise 500 millions de dollars sur la modernisation des villes

La Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII) fait son entrée en Afrique du Sud avec un prêt souverain de 500 millions de dollars. Derrière cette première opération se dessine un enjeu plus large : remettre à niveau les services municipaux qui soutiennent une économie urbaine représentant l’essentiel de la production du pays.

 

Le financement est destiné au Metro Trading Services Program, un programme gouvernemental consacré à l’amélioration de la performance des services commerciaux des municipalités métropolitaines. Eau, électricité et gestion des déchets sont au cœur de l’opération.

 

La BAII intervient dans le cadre d’un programme global de 3 milliards de dollars, cofinancé notamment avec la Banque mondiale. L’objectif n’est donc pas simplement de financer des infrastructures supplémentaires, mais de rendre celles qui existent plus performantes, mieux gérées et davantage capables de résister aux effets du changement climatique.

 

Cette approche est stratégique pour l’Afrique du Sud. Ses huit municipalités métropolitaines concernées regroupent environ 22 millions d’habitants et génèrent près de 85% de la production économique nationale. Leur efficacité conditionne ainsi directement la compétitivité des grands pôles urbains du pays.

 

Le problème est particulièrement visible dans les réseaux d’eau et d’électricité. Les pertes d’eau non facturées représentent actuellement environ 41%, tandis que les pertes d’électricité atteignent 22%. Le programme vise à ramener ces ratios respectivement à 28% et 12% d’ici 2031.

 

« Cet investissement marque le début du partenariat de la BAII avec l’Afrique du Sud », a déclaré Rajat Misra, directeur général du département des clients du secteur public de la banque. Pour l’institution basée à Pékin, l’opération doit permettre de renforcer la gouvernance municipale tout en soutenant des infrastructures urbaines plus durables et résilientes.

 

Le financement au service de la réforme

 

L’originalité du programme tient aussi à son mécanisme. Le financement repose sur une approche axée sur les résultats, avec des objectifs de performance portant sur la gouvernance, la gestion financière et l’efficacité opérationnelle des municipalités.

 

C’est un changement important dans la manière dont les bailleurs internationaux abordent les infrastructures africaines. Le défi n’est plus seulement de construire des réseaux, mais de s’assurer qu’ils peuvent être exploités durablement, générer des recettes suffisantes et fournir des services fiables aux populations.

 

Pour Pretoria, l’arrivée de la BAII constitue également une diversification de ses partenaires financiers. « Nous nous félicitons de l’arrivée de la BAII comme nouveau partenaire de développement », a souligné Duncan Pieterse, directeur général du Trésor national sud-africain.

 

Au-delà des 500 millions de dollars, l’opération envoie donc un signal sur les prochaines priorités du financement du développement en Afrique : des infrastructures urbaines plus vertes, mais aussi des municipalités financièrement plus solides et capables de mieux valoriser leurs actifs.

 

Pour la BAII, cette première opération sud-africaine constitue enfin une porte d’entrée sur l’un des marchés d’infrastructures les plus importants du continent. Et pour Pretoria, elle apporte un nouveau partenaire au moment où le vieillissement des réseaux, l’urbanisation et les risques climatiques imposent de lourds investissements.