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  • 25/09/2026

Audiovisuel : La Côte d’Ivoire engage son entrée dans la gouvernance de TV5MONDE

La Côte d’Ivoire veut franchir une nouvelle étape dans son intégration à l’écosystème audiovisuel francophone. Abidjan a officiellement manifesté son intérêt pour rejoindre la gouvernance de TV5MONDE, une démarche qui pourrait, à terme, faire du pays l’un des premiers États africains à participer directement aux décisions du réseau.

 

La Côte d’Ivoire veut désormais avoir voix au chapitre au sein de TV5MONDE. Le gouvernement ivoirien a officiellement fait part de son intérêt pour rejoindre la gouvernance du réseau audiovisuel francophone, dans un courrier adressé mi-septembre à la Suisse, qui assure actuellement la présidence tournante des gouvernements bailleurs de fonds de TV5MONDE.

 

Dans cette correspondance, le ministre ivoirien de la Communication, Amadou Coulibaly, confirme « l’intérêt de la République de Côte d’Ivoire pour une telle démarche d’adhésion ». Abidjan indique également être disposé à respecter la charte éditoriale et déontologique du réseau.

 

La démarche ne signifie toutefois pas que la Côte d’Ivoire est déjà membre de la gouvernance de TV5MONDE. Elle marque le début d’un processus au cours duquel les représentants ivoiriens devront travailler avec les hauts fonctionnaires des gouvernements bailleurs de fonds sur les conditions et les modalités d’une éventuelle adhésion.

 

Après le Maroc, la Côte d’Ivoire se positionne

 

Cette ouverture de la gouvernance remonte à 2025. Les six gouvernements bailleurs de fonds de TV5MONDE — le Canada, la Fédération Wallonie-Bruxelles de Belgique, la France, le Québec, Monaco et la Suisse — ont alors proposé à d’autres États africains membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de s’engager dans un parcours d’adhésion.

 

La Côte d’Ivoire est le deuxième pays à officialiser son intérêt dans ce cadre. Le Maroc avait engagé une démarche similaire en mai 2026.

 

Si les deux processus aboutissent, Rabat et Abidjan pourraient devenir les premiers États du continent africain à intégrer la gouvernance de TV5MONDE.

 

L'enjeu dépasse donc la seule représentation institutionnelle. Il touche directement à la place des pays africains dans la définition des orientations d’un réseau audiovisuel qui revendique une audience mondiale et dont les contenus circulent dans plusieurs centaines de millions de foyers.

 

La RTI au cœur du dispositif

 

Pour la Côte d’Ivoire, l’autre volet important se situe du côté de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI).

 

TV5MONDE prévoit d’échanger avec le groupe public ivoirien afin que celui-ci puisse devenir l’un de ses radiodiffuseurs publics partenaires. Ces discussions doivent notamment porter sur la mise en place de coproductions et la mise à disposition de contenus ivoiriens sur les dix chaînes linéaires du réseau ainsi que sur sa plateforme mondiale de streaming, TV5MONDE+.

 

Pour la RTI, l’opération pourrait ainsi ouvrir une fenêtre supplémentaire sur les marchés francophones internationaux. Elle permettrait surtout de mieux faire circuler certaines productions ivoiriennes au-delà du marché national, dans un contexte où la diffusion numérique bouleverse les modèles traditionnels de l’audiovisuel.

 

Le communiqué ne précise cependant ni le calendrier de ces discussions, ni les éventuelles modalités financières qui accompagneraient une future adhésion de la Côte d’Ivoire à la gouvernance de TV5MONDE.

 

Une gouvernance qui s’élargit à l’Afrique

 

Cette évolution intervient alors que TV5MONDE cherche à adapter sa gouvernance à l’évolution du paysage culturel et informationnel francophone.

 

La Charte TV5, renouvelée en 2021, fixe notamment des principes liés à la diversité culturelle, à la démocratie, à la transmission des savoirs et au développement durable. Les candidats à l’adhésion doivent également s’engager à respecter l’indépendance éditoriale et les règles déontologiques du réseau.

 

Pour Abidjan, l’enjeu sera donc double : intégrer un espace de décision jusque-là structuré autour de six gouvernements bailleurs de fonds et, parallèlement, accroître la visibilité des contenus produits en Côte d’Ivoire.

 

Le processus ne fait que commencer. Mais s’il aboutit, il donnera à la Côte d’Ivoire une place nouvelle dans la gouvernance d’un des principaux réseaux audiovisuels francophones internationaux.