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  • 25/09/2026

Infrastructures : La BAD exclut China Railway 20th Bureau pendant 13 mois après une pratique frauduleuse au Cameroun

La Banque africaine de développement (BAD) a exclu China Railway 20th Bureau Group Corporation Ltd. (CR20) de ses activités financées pendant 13 mois, après une enquête ayant établi une pratique frauduleuse dans le cadre d’un projet routier au Cameroun. La sanction s’étend aux filiales du groupe et son terme est assorti d’une condition : la mise en œuvre satisfaisante d’un programme de conformité en matière d’intégrité.

 

La décision a été annoncée le 24 septembre 2026 par le Groupe de la BAD. Elle concerne une entreprise de construction enregistrée en Chine et disposant de filiales dans plusieurs pays. Pendant toute la durée de l’exclusion, CR20 et ses filiales ne pourront pas participer aux activités financées par le Groupe de la Banque.

 

L’affaire trouve son origine au Cameroun, dans la première phase du Programme d’appui au secteur des transports, consacré notamment à l’aménagement de la route Batchenga-Ntui-Yoko-Lena. Approuvé en novembre 2014, le projet est destiné à contribuer à l’expansion et à la modernisation du réseau routier camerounais. La fiche officielle de la BAD évalue son coût total à environ 334 millions d’unités de compte.

 

Le programme couvre un axe routier situé dans la partie orientale du pays et relève du secteur des transports routiers. Son financement associe notamment la BAD, le Fonds africain de développement, l’Agence française de développement et l’État camerounais, selon les données publiées par la Banque.

 

Une enquête de la BAD à l’origine de la sanction

 

La décision découle d’une enquête menée par le Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption (PIAC) de la BAD. Selon la Banque, cette investigation a établi que China Railway 20th Bureau avait commis une pratique frauduleuse dans le contexte de cette opération camerounaise.

 

La BAD ne précise toutefois pas, dans son communiqué du 24 septembre, la nature exacte de la pratique retenue contre l’entreprise ni les circonstances précises dans lesquelles elle aurait été commise. Il convient donc de s’en tenir à la qualification formulée par la Banque, sans aller au-delà des éléments rendus publics.

 

La sanction ne se limite pas au projet camerounais à l’origine du dossier. C’est même l’un de ses principaux effets : durant les 13 mois d’exclusion, CR20 et ses filiales perdent leur éligibilité à l’ensemble des activités financées par le Groupe de la BAD.

 

Un retour conditionné à la conformité

 

L’exclusion ne prendra pas automatiquement fin au terme des 13 mois. Pour retrouver son éligibilité, China Railway 20th Bureau devra fournir la preuve de la réalisation satisfaisante d’un programme de conformité en matière d’intégrité, conforme aux directives de la BAD.

 

Le dispositif place donc la conformité au cœur du retour de l’entreprise dans les opérations financées par la Banque. La sanction porte sur l’accès aux futurs marchés du Groupe et pas uniquement sur le projet camerounais ayant donné lieu à l’enquête.

 

Pour les entreprises intervenant sur des projets financés par des institutions multilatérales, l’enjeu dépasse ainsi l’exécution technique d’un contrat. Les règles d’intégrité et les procédures de contrôle des bailleurs peuvent produire des conséquences commerciales bien au-delà du chantier concerné.

 

Dans le cas de CR20, une enquête portant sur une opération de transport au Cameroun entraîne ainsi une suspension temporaire de l’accès aux financements du Groupe de la BAD. La réintégration dépendra, elle, de la capacité de l’entreprise à démontrer qu’elle a satisfait aux exigences de conformité fixées par la Banque.