À quelques mois de la présidentielle de janvier 2027, le Nigéria présente un paradoxe économique saisissant. Dans une analyse publiée le 10 août, Reuters décrit un pays où les investisseurs saluent les réformes du président Bola Tinubu, tandis que des millions de ménages continuent de subir la flambée du coût de la vie.
Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2023, Tinubu a
engagé des réformes profondes : suppression de la subvention sur les
carburants, réforme du marché des changes et réduction des subventions à
l’électricité. Pour Abuja et les investisseurs, ces mesures étaient nécessaires
pour corriger les déséquilibres budgétaires et restaurer la confiance.
Mais leur coût social est lourd.
Reuters cite notamment le cas de Grace Adama, employée
d’une ONG à Abuja, qui gagne 135 000 nairas par mois, soit environ 99 dollars.
Malgré un revenu proche du double du salaire minimum national, elle affirme que
son salaire ne lui permet désormais de tenir qu’une semaine.
Le coût du riz jollof, selon un indice de SBM
Intelligence, a plus que doublé depuis l’arrivée de Tinubu. Le prix de
l’essence a, lui, été multiplié par six depuis la fin des subventions, sous
l’effet combiné de la dépréciation du naira et des cours mondiaux du pétrole.
Les marchés voient déjà la reprise
Le contraste avec les marchés financiers est
spectaculaire. La Bourse nigériane a progressé de près de 60% depuis le début
de l’année, tandis que les entrées de capitaux ont atteint 23 milliards de
dollars en 2025, leur plus haut niveau en six ans, selon les données citées par
Reuters.
« C'est la période la plus positive pour les
investisseurs au Nigéria depuis probablement deux décennies », estime Thys
Louw, gestionnaire de portefeuille chez Ninety One.
Le problème est que cette embellie financière reste
largement déconnectée du quotidien de la majorité des Nigérians. Moins de 5%
des adultes investissent sur les marchés de capitaux, selon la Bourse nigériane
citée par Reuters.
Surtout, le crédit demeure extrêmement cher. Avec un
taux directeur de 26,5%, entreprises et particuliers peinent encore à accéder à
des financements abordables. La politique monétaire restrictive contribue à
contenir l’inflation, mais elle freine aussi la consommation et
l’investissement.
Le compte à rebours politique
C’est tout le pari de Tinubu : faire accepter
aujourd’hui une forte douleur économique en promettant une économie plus saine
demain.
Mais le temps presse. Selon Reuters, un sondage de SBM
Intelligence réalisé en juin indique que 80% des Nigérians estiment que le pays
va dans la mauvaise direction. La Banque mondiale estime par ailleurs qu’un peu
plus de la moitié de la population vivait dans la pauvreté en 2025.
Le gouvernement doit donc désormais réussir une
deuxième étape : faire passer les bénéfices des réformes des marchés financiers
vers l’économie réelle.
Pour Tinubu, le véritable bilan ne se jouera pas
seulement sur la hausse de la Bourse ou le retour des capitaux étrangers. Il se
mesurera aussi à la capacité des ménages à retrouver du pouvoir d’achat, des
entreprises à accéder au crédit et des réformes à produire enfin des bénéfices
visibles avant janvier 2027.
Le Nigéria se trouve ainsi face à une équation
délicate : les investisseurs commencent à croire au nouveau modèle économique,
mais les ménages attendent encore d’en ressentir les effets.
Zinia Farnandiz Sep 28, 2024
Absolutely loved this post! Your tips on how to style a blazer are spot on. Keep up the great work, can’t wait for your next post!
Loren Watson Sep 18, 2024
Cover broad of topic in web development industry. Explained a lot of basic programming knowledge with easy to understand explanation.
Walter White Sep 29, 2024
Employees who have the flexibility to work remotely often report higher job satisfaction. This can lead to increased employee retention workforce.