Les nouveaux résultats de forage obtenus par Turaco Gold sur Adiopan, dans le projet aurifère Afema, viennent renforcer une perspective qui dépasse largement la seule découverte de nouvelles teneurs en or : celle de voir émerger, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire, une nouvelle exploitation aurifère industrielle de grande taille.
La compagnie australienne a annoncé ce 10 août 2026
plusieurs intersections à haute teneur sur le gisement d’Adiopan-Asupiri. Parmi
les résultats les plus significatifs figurent 15 mètres à 4,72 grammes d’or par
tonne à partir de 122 mètres de profondeur, dont une section de 6 mètres à 8,71
g/t, ainsi que 15 mètres à 3,62 g/t à partir de 164 mètres, dont 6 mètres à
6,26 g/t.
Pour Turaco Gold, ces résultats confirment surtout que
les zones de minéralisation peu profondes et à haute teneur d’Adiopan restent
ouvertes. Autrement dit, le potentiel d’augmentation des ressources n’est pas
épuisé.
Un projet déjà doté de 4,65 millions
d’onces
L’enjeu est d’autant plus important qu’Afema n’est
plus un simple projet d’exploration.
Le projet dispose actuellement d’une ressource
minérale de 4,65 millions d’onces d’or, répartie sur plusieurs gisements. À lui
seul, Asupiri représente environ 1,28 million d’onces, tandis que Woulo Woulo
en concentre environ 1,70 million.
Les nouveaux forages à Adiopan pourraient donc
contribuer à augmenter encore le volume d’or contenu dans le projet.
Cette dynamique intervient alors que Turaco travaille
déjà à transformer Afema en exploitation minière. L’étude de préfaisabilité
publiée en juin prévoit une production d’environ 200 000 onces d’or par an
pendant plus de dix ans.
La société estime l’investissement initial nécessaire
à environ 410 millions de dollars.
410 millions de dollars à injecter dans
l'économie ivoirienne
C’est ici que le dossier devient particulièrement
intéressant pour la Côte d’Ivoire.
Si le projet franchit les prochaines étapes
techniques, réglementaires et financières, Afema pourrait mobiliser plusieurs
centaines de millions de dollars d’investissements dans le pays.
L’impact ne se limiterait pas à la construction de la
mine.
Une exploitation de cette dimension nécessite des
équipements, des infrastructures, des services de transport, de maintenance, de
sécurité, de restauration, de sous-traitance minière et de logistique. Une
partie de cette dépense peut donc irriguer le tissu économique local et créer
des opportunités pour les entreprises ivoiriennes.
À terme, l'exploitation pourrait également générer des
emplois directs et indirects dans la région d’implantation.
Des recettes supplémentaires pour l'État
Pour les finances publiques, l'intérêt est également
significatif.
Une production annuelle de l'ordre de 200 000 onces
placerait Afema parmi les actifs aurifères importants du pays. Elle pourrait
ainsi contribuer aux recettes de l'État à travers les royalties, l'impôt sur
les bénéfices et les différentes taxes applicables au secteur minier.
Mais il serait prématuré de chiffrer ces recettes à ce
stade.
Le montant effectivement capté par l'État dépendra
notamment du prix de l'or au moment de la production, des coûts d'exploitation,
du régime fiscal applicable et du niveau définitif des réserves économiquement
exploitables.
C'est précisément pour cette raison que les prochaines
étapes du projet seront déterminantes.
De la ressource à la production : le vrai
défi commence maintenant
Le marché minier fait souvent une distinction
fondamentale entre ressources et réserves.
Les 4,65 millions d'onces actuellement annoncées ne
signifient donc pas que Turaco produira nécessairement 4,65 millions d'onces.
Une partie de ces ressources doit encore être
convertie en réserves exploitables à travers des études techniques et
économiques plus poussées.
Turaco doit désormais avancer vers une étude de
faisabilité définitive (DFS), avec une échéance visée au deuxième trimestre
2027. Viendront ensuite les décisions d'investissement, le financement, les
autorisations et, si toutes les conditions sont réunies, la construction de la
mine.
Le projet dispose toutefois déjà d'un socle
significatif : la PFS fait état d'une réserve probable de 1,91 million d'onces.
Afema s'inscrit dans la montée en
puissance de l'or ivoirien
Pour la Côte d'Ivoire, Afema arrive dans un contexte
particulièrement favorable au secteur aurifère.
Le pays cherche depuis plusieurs années à diversifier
son économie minière et à accroître sa production d'or. L'arrivée progressive
de nouveaux projets contribue à renforcer les exportations minières et à
attirer des capitaux étrangers dans les régions situées en dehors du principal
bassin économique d'Abidjan.
Le cas d'Afema illustre surtout le changement
d'échelle du secteur.
Turaco ne cherche plus seulement à démontrer qu'il
existe de l'or sur son permis. La compagnie cherche désormais à définir une
ressource suffisamment importante pour soutenir une exploitation industrielle
de longue durée.
Et les nouveaux résultats d'Adiopan pourraient encore
repousser les limites du projet.
Le prochain enjeu : combien d'onces
supplémentaires ?
C'est probablement la question que suivront désormais
les investisseurs.
Les zones à haute teneur d'Adiopan restent ouvertes et
Turaco prévoit de poursuivre ses travaux de forage. De nouvelles campagnes
doivent également contribuer à mieux définir le potentiel d'autres secteurs
d'Afema.
Si ces travaux débouchent sur une nouvelle
augmentation substantielle des ressources, le projet pourrait progressivement
prendre une dimension encore plus importante.
Pour la Côte d'Ivoire, l'enjeu est clair : plus les
ressources d'Afema progressent, plus la perspective d'une mine de grande
capacité devient crédible — et avec elle, celle de plusieurs centaines de
millions de dollars d'investissements, de nouveaux emplois et de recettes
supplémentaires pour l'économie nationale.
Pour l'instant, Afema reste cependant un projet en
développement. La véritable étape décisive sera le passage des ressources et
des études économiques à une décision ferme de construction.
Les forages viennent de renforcer le potentiel. Il
reste maintenant à transformer ces onces souterraines en un projet minier
finançable et, surtout, en production réelle.
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