News
  • 22/06/2026

Côte d’Ivoire / Dialogue public-privé : Le Bafing décroche un levier stratégique pour accélérer son développement économique

Réuni à Touba dans le cadre des Journées Promotionnelles des Entreprises du Bafing (JPE-Bafing 2), le Comité de Concertation État-Secteur Privé (CCESP) a annoncé le lancement du processus d'installation d'une plateforme locale de dialogue public-privé dans la région. Une avancée institutionnelle qui pourrait transformer durablement l'environnement des affaires dans ce territoire à fort potentiel agricole.

 

Pendant trois jours, les acteurs économiques, institutionnels et agricoles du Bafing ont débattu des défis et des opportunités de développement de leur région. Mais au-delà des discussions sur le foncier rural, le financement agricole ou l'agro-industrie, une annonce a particulièrement retenu l'attention lors de la clôture des Journées Promotionnelles des Entreprises du Bafing (JPE-Bafing 2), le 20 juin 2026.

 

Le Comité de Concertation État-Secteur Privé (CCESP), cadre officiel du dialogue public-privé en Côte d'Ivoire, a officiellement lancé le processus devant conduire à la création d'une plateforme locale de dialogue public-privé dans le Bafing. Une décision qui inscrit la région dans la stratégie nationale de territorialisation du dialogue entre l'État et les opérateurs économiques.

 

Mandaté par la Secrétaire exécutive du CCESP, Mariam Fadiga Fofana, le Conseiller technique Cissé Yacouba a présenté aux participants la vision portée par l'institution : rapprocher les mécanismes de concertation des réalités économiques locales afin de mieux identifier les difficultés rencontrées par les entrepreneurs et accélérer leur prise en charge.

 

« Très souvent, les problèmes qui se gèrent dans les localités ne remontent pas assez tôt aux instances nationales », a-t-il expliqué devant les autorités administratives, les chefs d'entreprise et les représentants des organisations professionnelles présents à Touba.

 

Créé par le décret n° 2013-462 du 19 juin 2013, le CCESP constitue aujourd'hui l'un des principaux instruments de dialogue entre le gouvernement et le secteur privé ivoirien. Placé sous la haute autorité de la Primature et sous la tutelle administrative du ministère de l'Économie et des Finances, il intervient notamment dans l'amélioration du climat des affaires et le suivi des préoccupations exprimées par les entreprises.

 

Depuis plusieurs années, l'institution s'est engagée dans une démarche de décentralisation de ses activités. Avec l'appui du Programme d'Amélioration du Climat des Affaires de Côte d'Ivoire (PACACI), financé par la Banque africaine de développement (BAD), plusieurs plateformes locales ont progressivement vu le jour à travers le pays, notamment à San Pedro, Bouaké, Korhogo ainsi que dans les régions de Ferkessédougou et de la Bagoué.

 

L'objectif est simple : permettre aux acteurs économiques des territoires de disposer d'un cadre permanent d'échanges avec les administrations publiques, sans devoir attendre les grandes rencontres nationales pour faire entendre leurs préoccupations.

 

Pour le Bafing, cette future plateforme pourrait constituer un véritable tournant. Région reconnue pour son potentiel agricole mais encore confrontée à des défis d'enclavement, d'accès au financement et de structuration du tissu entrepreneurial, elle disposerait désormais d'un mécanisme institutionnel capable de faire remonter directement les difficultés du terrain vers les centres de décision.

 

Au-delà de la résolution des problèmes immédiats, le CCESP entend également accompagner la formalisation des activités économiques locales et favoriser leur intégration dans des chaînes de valeur plus larges.


« Nous rêvons d'une économie où les opérateurs économiques ne vont pas se limiter au village. Vous allez vous vendre au plan national, pourquoi pas à l'international », a déclaré Cissé Yacouba en transmettant le message de la Secrétaire exécutive du CCESP aux populations du Bafing.

 

Cette vision trouve un écho particulier dans une région qui cherche à valoriser davantage ses productions agricoles et à attirer de nouveaux investissements. En créant un cadre de dialogue permanent entre administrations, entreprises et organisations professionnelles, le futur dispositif pourrait contribuer à lever plusieurs contraintes qui freinent encore l'essor économique local.

 

L'annonce faite à Touba marque ainsi une nouvelle étape dans la politique de décentralisation du dialogue public-privé en Côte d'Ivoire. Pour le Bafing, elle ouvre surtout la perspective d'une meilleure connexion aux mécanismes nationaux de décision économique, condition essentielle pour transformer son potentiel en véritable moteur de croissance.