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  • 23/09/2026

Côte d’Ivoire solidaire : Après sa distinction, Mariam Fadiga Fofana veut changer d’échelle avec la Fondation AWI

Distinguée au grade d’Officier dans l’Ordre du Mérite de la Solidarité, Mariam Fadiga Fofana, PCA de la Fondation AWI, voit dans cette reconnaissance de l’État ivoirien l’aboutissement de dix années d’engagement, mais aussi le point de départ d’une nouvelle étape. La fondation entend notamment renforcer son action en faveur des femmes, en faisant de l’alimentation scolaire un levier d’autonomisation économique.

 

Au Palais de la Culture d’Abidjan-Treichville, la cérémonie avait une portée particulière. À l’occasion de la Journée nationale de la solidarité, 48 personnes ont été distinguées dans l’Ordre du Mérite de la Solidarité pour leur engagement en faveur des populations et de la cohésion sociale.

 

Dans le détail, 10 personnes ont été élevées au grade de Commandeur, 12 au grade d’Officier et 26 au grade de Chevalier. Parmi les 12 nouveaux Officiers figure Mariam Fadiga Fofana, présidente du conseil d’administration de la Fondation AWI.

 

Pour la dirigeante, cette distinction vient consacrer une décennie d’engagement. « Après dix ans d’engagement, aujourd’hui l’État de Côte d’Ivoire vient de reconnaître que nous avons fait le bon choix », a-t-elle déclaré à BankAssur Afrik+, évoquant une reconnaissance accueillie « avec beaucoup d’émotion et avec beaucoup d’humilité ».

 

Mais derrière la médaille, Mariam Fadiga Fofana voit surtout une responsabilité supplémentaire. La reconnaissance reçue ne doit pas refermer un chapitre : elle doit pousser la Fondation AWI à intensifier ses actions. « Quand vous avez été reconnu et puis célébré, ça vous engage à faire davantage », résume-t-elle.

 

Faire de la cantine un levier économique

 

Cette nouvelle étape devrait notamment passer par un renforcement des actions liées au programme Ma Cantine. La Fondation AWI entend accompagner davantage de bénéficiaires dans le cadre de ses activités autour des repas scolaires.

 

L’originalité défendue par Mariam Fadiga Fofana réside toutefois dans la finalité assignée à cette action. Pour AWI, fournir un repas à l’élève ne constitue pas une fin en soi. La cantine peut également devenir un outil permettant de libérer du temps pour les femmes et de favoriser leur autonomisation économique.

 

« En même temps que nous donnons à manger aux élèves dans les écoles, nous en faisons un levier d’autonomisation », explique la PCA de la fondation.

 

Le raisonnement est simple : lorsque l’enfant bénéficie d’un repas à l’école, sa mère peut disposer de davantage de temps pour se consacrer à ses activités économiques. La cantine devient alors un maillon d’une action plus large, qui associe soutien aux enfants et autonomisation des femmes.

 

Cette approche permet également à la Fondation AWI de replacer les femmes au centre de son action. Mariam Fadiga Fofana estime que celles-ci sont déjà fortement engagées dans les communautés ivoiriennes, mais qu’elles peuvent encore accroître leur implication.

 

« Je voudrais qu’elles le fassent davantage », lance-t-elle, tout en reconnaissant l’engagement déjà important des femmes dans les communautés.

 

Dix ans d’engagement, une nouvelle responsabilité

 

La distinction reçue par la PCA de la Fondation AWI intervient ainsi à un moment où l’organisation entend amplifier ses activités. Mariam Fadiga Fofana associe cette nouvelle dynamique à la confiance accordée par ses collaborateurs, les membres de son conseil d’administration et ses partenaires, auxquels elle dédie cette reconnaissance.

 

Le message rejoint celui porté lors de la cérémonie par les autorités ivoiriennes : la solidarité ne peut pas reposer uniquement sur l’État. Dans son intervention, la ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Belmonde Dogo, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation des entreprises, fondations, collectivités, associations, familles et citoyens.

 

La distinction accordée à Mariam Fadiga Fofana s’inscrit précisément dans cette logique : reconnaître des initiatives qui contribuent à faire de la solidarité une action concrète au plus près des communautés.

 

Pour la dirigeante de la Fondation AWI, cette reconnaissance nationale constitue donc moins un aboutissement qu’une obligation de poursuivre. La prochaine étape sera de transformer cette reconnaissance en davantage d’actions sur le terrain, avec une priorité clairement affichée : faire de l’autonomisation économique des femmes l’un des prolongements de l’engagement de la fondation.

 

Et, dans cette stratégie, le repas servi à l’école pourrait bien dépasser sa fonction première pour devenir un instrument au service d’un objectif plus large : permettre aux femmes de mieux prendre en main leur avenir économique.