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  • 22/09/2026

Intelligence artificielle : Le Mali investit 5,78 millions de dollars pour construire sa souveraineté technologique

Le Mali franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement des compétences technologiques. Le pays a inauguré, le 21 septembre 2026 à Kati-Sirakoro Niaré, son Centre d’intelligence artificielle et de robotique (CIAR-Mali), une infrastructure financée intégralement sur ressources publiques pour environ 3,3 milliards FCFA, soit près de 5,78 millions de dollars.

 

Pendant que la course mondiale à l’intelligence artificielle s’accélère, Bamako veut éviter de rester simple consommateur de technologies conçues ailleurs. C’est tout l’enjeu du Centre d’intelligence artificielle et de robotique du Mali (CIAR-Mali), officiellement inauguré lundi 21 septembre à Kati-Sirakoro Niaré, près de Bamako. L’infrastructure doit servir à la fois de centre de formation, de recherche et de développement de solutions technologiques adaptées aux besoins du pays.

 

Financé entièrement sur le budget national, le projet représente un investissement de 3,3 milliards FCFA, soit environ 5,78 millions de dollars. Installé sur un domaine de 50 hectares, le complexe comprend plusieurs bâtiments consacrés à l’administration, à la formation et à l’hébergement des étudiants, mais aussi des installations techniques, une salle dédiée aux drones, un amphithéâtre, une infirmerie et des espaces de recherche.

 

Mais derrière l'infrastructure, c'est surtout la constitution d'un vivier de compétences scientifiques qui intéresse le Mali. Le CIAR-Mali doit former des spécialistes dans l'intelligence artificielle, la robotique, les mathématiques et les sciences de l'ingénieur. Sa mission comprend également la recherche, le développement de partenariats et la conception de solutions technologiques.

 

De la formation aux applications industrielles

 

Le centre ne se limite pas à des salles de cours. Il dispose notamment d'un atelier de fabrication et d'assemblage de systèmes intelligents, avec l'ambition de rapprocher la formation et la recherche de la production de prototypes et de solutions concrètes. Cette orientation est importante dans un pays où les secteurs agricole, minier et industriel constituent des pans essentiels de l'économie.

 

L'agriculture pourrait ainsi constituer l'un des terrains d'application de ces compétences, tout comme la santé, l'industrie, les mines, l'environnement, l'énergie ou encore la sécurité. L'objectif affiché par les autorités est de développer des technologies répondant aux problématiques nationales, plutôt que de se limiter à importer des solutions conçues pour d'autres marchés.

 

Cette ambition ne part d'ailleurs pas complètement de zéro. Le CIAR-Mali avait déjà commencé ses activités pédagogiques avant l'inauguration de son nouveau site. Ses premiers étudiants ont été accueillis en 2025 et le centre travaillait déjà en 2026 au renforcement de ses capacités de formation et de recherche.

 

Un projet lancé en 2022

 

Le projet s'inscrit dans une trajectoire engagée plusieurs années auparavant. En septembre 2022, le gouvernement malien avait annoncé la création d'un pôle d'excellence technologique destiné à regrouper des structures de formation et de recherche dans les domaines scientifiques, mathématiques et technologiques. La première pierre du CIAR-Mali a finalement été posée le 7 juin 2023 à Kati-Sirakoro Niaré.

 

Le centre a ensuite été institué juridiquement en août 2023 comme établissement public à caractère scientifique et technologique. Trois ans après la pose de la première pierre, l'infrastructure est donc désormais officiellement opérationnelle sur son nouveau site.

 

Le gouvernement veut également connecter cette formation à l'écosystème scientifique malien. En juin 2026, le CIAR indiquait participer à des compétitions scientifiques internationales et travailler à la préparation de jeunes Maliens aux métiers liés à l'intelligence artificielle et aux technologies avancées.

 

Le pari du Mali : transformer la technologie en capacité productive

 

L'intérêt économique du projet se situe précisément à ce niveau. Pour un pays africain, disposer d'infrastructures capables de former des ingénieurs et de produire de la recherche ne garantit pas automatiquement l'émergence d'une industrie technologique. Encore faut-il transformer les compétences acquises en logiciels, équipements, brevets, entreprises et applications utilisées par les secteurs productifs.

 

C'est donc sur cette deuxième étape que le CIAR-Mali sera particulièrement attendu. En mars 2026, le gouvernement indiquait vouloir voir émerger des projets technologiques capables de produire des solutions innovantes et adaptées aux priorités nationales.

 

Le choix d'un financement entièrement public donne aussi au projet une dimension stratégique. Bamako présente le CIAR comme l'un des instruments de sa souveraineté technologique, avec l'ambition de renforcer le génie scientifique et industriel local et de mobiliser, autour du centre, les chercheurs maliens, la diaspora, le secteur privé et des partenaires internationaux.

 

Reste désormais le passage du bâtiment aux résultats. Les prochaines années permettront de mesurer si les 3,3 milliards FCFA investis déboucheront sur davantage de compétences, de prototypes, de startups technologiques et surtout de solutions effectivement déployées dans l'agriculture, les mines, la santé ou l'industrie. Pour le Mali, le véritable enjeu de cette infrastructure commence donc maintenant.