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  • 24/06/2026

Kenya : 1,2 milliard de dollars pour l’extension de JKIA, Nairobi officialise un projet clé pour son statut de hub aérien

Le gouvernement kényan a officialisé la signature d’un accord de 1,2 milliard de dollars avec China Road and Bridge Corporation pour l’extension de l’aéroport international Jomo Kenyatta. L’objectif est de presque tripler la capacité du principal hub aérien du pays, dans un contexte de concurrence régionale accrue et de repositionnement stratégique des infrastructures de transport en Afrique de l’Est.

 

Le projet est désormais cadré, chiffré et contractualisé. Selon le ministre kényan des Routes et des Transports, Davis Chirchir, l’accord signé avec la China Road and Bridge Corporation (CRBC) marque le lancement opérationnel d’une transformation majeure de l’infrastructure aérienne nationale.

 

Dans un message publié sur X, le ministre précise que le contrat a été signé par la secrétaire principale en charge de l’aviation et de l’aérospatiale, Mme Teresia Mbaika, aux côtés de M. Yu Xiaodong, directeur général de CRBC. China Road and Bridge Corporation

 

JKIA, pivot stratégique du réseau aérien kényan

 

Le projet concerne l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi Jomo Kenyatta International Airport, infrastructure centrale du trafic aérien du pays et principal point d’entrée international.

 

Selon les données communiquées par le ministère, l’objectif est de porter la capacité annuelle d’environ 7,5 millions de passagers à près de 22 millions. Cette montée en charge repose sur trois piliers : construction d’un nouveau terminal, modernisation des installations existantes et amélioration des opérations côté piste et côté ville.

 

L’ambition affichée est claire : repositionner Nairobi dans la hiérarchie des hubs africains, à un moment où plusieurs capitales du continent accélèrent leurs investissements dans les infrastructures aéroportuaires.

 

Une procédure d’appel d’offres structurée sur plusieurs mois

 

D’après la déclaration officielle du ministre Davis Chirchir, le processus de sélection a été conduit sur environ trois mois, après l’achèvement du plan directeur de l’aéroport en février 2026.

 

Le ministère indique que plus de 40 entreprises ont participé à la phase d’information préalable à l’appel d’offres, et que les propositions ont été évaluées sur des critères techniques et financiers, conformément aux règles de marchés publics.

 

Cette précision vise à renforcer la crédibilité du processus dans un secteur où les grands contrats d’infrastructure font régulièrement l’objet de débats sur la transparence et la gouvernance.

 

Un projet relancé après une séquence contractuelle interrompue

 

Le projet d’extension de JKIA s’inscrit dans une trajectoire déjà mouvementée. Un précédent accord signé en 2024 avec le groupe indien Adani avait été annulé, à la suite de controverses judiciaires internationales liées à son fondateur.

 

Cette rupture contractuelle a conduit à une reconfiguration complète du projet, désormais réorienté vers un nouveau partenaire technique.

 

Dans sa communication, le ministère insiste sur la continuité stratégique du programme, malgré ces ajustements successifs.

 

Un financement structuré via des institutions africaines

 

Sur le plan financier, le gouvernement kényan indique avoir mandaté Africa’s Trade and Development Bank (TDB) et Africa Finance Corporation (AFC) pour structurer le financement du projet.

 

Selon les informations communiquées par les autorités, le montage repose sur une logique de mobilisation des flux de revenus de l’aéroport, avec un recours à des institutions de financement du développement et des banques commerciales.

 

Cette approche traduit une tendance plus large en Afrique : la montée en puissance des structures financières continentales dans la structuration des grands projets d’infrastructure.

 

Une bataille régionale pour les hubs aériens

 

Au-delà du cas kényan, le projet intervient dans un contexte de concurrence régionale accrue.

 

Plusieurs pays africains, notamment l’Éthiopie et le Rwanda, investissent dans leurs capacités aéroportuaires afin de capter davantage de trafic international et de renforcer leur rôle de plateformes de transit.

 

Dans cette configuration, Nairobi cherche à préserver son avantage historique, en combinant extension de capacité et modernisation opérationnelle.

 

Avec ce contrat de 1,2 milliard de dollars, le Kenya engage une nouvelle phase de transformation de son infrastructure aérienne stratégique. Le projet, désormais contractualisé, traduit une volonté claire : consolider le rôle de Nairobi comme hub régional majeur.

 

Mais au-delà de la signature, l’enjeu central reste désormais l’exécution, la structuration financière effective et la capacité du pays à transformer cette expansion en gain de compétitivité durable.