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  • 11/08/2026

Tchad : Les 110 millions d’euros d’Afreximbank pour accélérer la diversification d’une économie dépendante du pétrole

Afreximbank vient d’accorder au Tchad son plus important financement jamais réalisé dans le pays. D’un montant de 110 millions d’euros, soit environ 125 millions de dollars, cette enveloppe doit financer des infrastructures destinées à renforcer les échanges commerciaux et accélérer la transformation de l’économie tchadienne.

 

Le chiffre est inédit pour N’Djamena. Le 5 août 2026, au Caire, Afreximbank et le gouvernement tchadien ont signé un accord portant sur une facilité de 110 millions d’euros en monnaie locale. Les ressources seront affectées à des projets d’infrastructures favorisant le commerce, inscrits dans le budget national 2026.

 

Mais derrière ce financement se joue un enjeu plus large : réduire progressivement la dépendance du Tchad aux revenus pétroliers. Le pays cherche en effet à transformer ses ressources naturelles et son potentiel agricole en davantage de valeur ajoutée, d’emplois et de flux commerciaux.

 

Afreximbank entend notamment accompagner la création de zones industrielles spécialisées dans le textile et la transformation de la viande. La Banque prévoit également de soutenir des infrastructures de transport reliant le Tchad à l’Égypte et à la Libye, la production d’électricité, le développement de capacités de raffinage du pétrole brut ainsi que les activités économiques et de transport sur le lac Tchad.

 

Pour une économie enclavée comme celle du Tchad, le volet transport est particulièrement stratégique. L’amélioration des connexions régionales peut réduire les coûts logistiques, faciliter l’écoulement des productions locales et permettre au pays de mieux s’insérer dans les échanges d’Afrique centrale et avec l’Afrique du Nord.

 

Le financement s’inscrit par ailleurs dans un partenariat plus ancien. En juin 2025, N’Djamena et Afreximbank avaient signé un mémorandum d’entente couvrant notamment le potentiel agropastoral, l’agriculture destinée à l’exportation, le commerce de l’or, la navigabilité du lac Tchad, les produits pétroliers raffinés et le développement des raffineries.

 

« Ces investissements contribueront à changer la structure de l’économie tchadienne et à créer des emplois et des richesses durables », a déclaré George Elombi, président d’Afreximbank, en présentant le financement comme une étape de la transformation économique du pays.

 

Cette stratégie intervient dans un contexte de reprise de l’économie tchadienne. La Banque africaine de développement estimait en juin que le PIB réel avait progressé de 3,4% en 2025, porté notamment par la reprise agricole. Le communiqué d’Afreximbank indique pour sa part que la Banque mondiale a relevé à 5,2% sa prévision de croissance du Tchad pour 2026.

 

Le défi sera désormais de transformer cette croissance en diversification réelle. Pour le Tchad, l’enjeu n’est donc pas seulement de mobiliser davantage de financements, mais de convertir ces capitaux en infrastructures productives, en capacités industrielles et en nouveaux corridors commerciaux.

 

Avec ce prêt, Afreximbank mise précisément sur cette équation : financer les infrastructures capables de faire passer progressivement le Tchad d’une économie largement tirée par ses matières premières à une économie davantage intégrée aux chaînes de valeur régionales.