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  • 13/08/2026

CEMAC : Avec SYSTAC2, la BEAC accélère la modernisation de son infrastructure de paiement

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) franchit une nouvelle étape dans la modernisation des systèmes de paiement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Depuis le 3 août 2026, la banque centrale a mis en production SYSTAC2, sa nouvelle plateforme régionale de télé-compensation.

 

Cette infrastructure succède au système déployé en 2007 et constitue une évolution importante pour le traitement des paiements de détail dans les six pays de la CEMAC. SYSTAC2 prend notamment en charge les virements, prélèvements, chèques et cartes bancaires.

 

La nouvelle plateforme repose sur une architecture technique centralisée, sécurisée et entièrement accessible en ligne. Elle a également été conçue selon la norme internationale ISO 20022, un standard qui vise notamment à harmoniser les échanges de données entre les différents acteurs des systèmes financiers.

 

Pour la BEAC, l’objectif est double : améliorer l’efficacité des traitements et renforcer la sécurité des opérations. SYSTAC2 doit également permettre d’intégrer progressivement de nouveaux services répondant aux besoins des banques, des établissements de paiement, des Trésors publics et des autres institutions financières de la sous-région.

 

Le paiement instantané en ligne de mire

 

L’une des principales évolutions de SYSTAC2 réside dans son architecture modulaire. Le système comprend un dispositif de compensation automatisée, organisé autour de compartiments « Central » et « Participant », ainsi qu’un module consacré à la gestion des litiges.

 

Un troisième module est dédié aux paiements instantanés. Celui-ci n’est toutefois pas encore opérationnel et fera l’objet d’une mise en production ultérieure.

 

Cette évolution pourrait constituer une étape déterminante pour l’écosystème financier de la CEMAC. Le développement des paiements instantanés doit notamment permettre d’accélérer les transferts électroniques et de favoriser l’émergence de nouveaux services de paiement numériques.

 

Pour les établissements financiers, l’enjeu est donc de disposer d’une infrastructure régionale capable d’accompagner la montée en puissance des usages numériques tout en renforçant la fiabilité et la sécurité des transactions.

 

Une réforme qui ne s’arrête pas à SYSTAC2

 

La mise en production de SYSTAC2 constitue en réalité l’un des volets d’un chantier plus vaste engagé par la BEAC pour moderniser les infrastructures de paiement de la CEMAC.

 

La prochaine étape concerne les paiements de gros montant. La banque centrale prépare actuellement le lancement de SYGMA V10, la nouvelle version du Système des Gros Montants Automatisé (RTGS). Sa mise en exploitation est annoncée pour les prochaines semaines.

 

La logique est ainsi relativement claire : SYSTAC2 modernise l’infrastructure des paiements de détail, tandis que SYGMA V10 doit renforcer celle destinée aux opérations de gros montant.

 

Cette transformation intervient dans un contexte où la digitalisation des services financiers impose aux infrastructures régionales davantage de rapidité, d’interopérabilité et de sécurité.

 

Pour la CEMAC, la modernisation de ces deux systèmes peut donc contribuer à fluidifier les échanges financiers entre les banques et les autres acteurs économiques des six États membres, tout en rapprochant la sous-région des standards internationaux en matière de paiements.

 

La BEAC précise avoir travaillé avec les établissements participants afin d’assurer une transition maîtrisée vers SYSTAC2 et de préserver la continuité des services financiers.

 

Avec le lancement de SYSTAC2, puis celui attendu de SYGMA V10 et, à terme, l’activation du module de paiements instantanés, la banque centrale pose progressivement les différentes briques d’une infrastructure de paiement régionale plus moderne. Pour la CEMAC, le véritable enjeu sera désormais de transformer cette modernisation technologique en services plus rapides, plus accessibles et plus efficaces pour les acteurs économiques et les usagers.