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  • Par Gogbeu Jean-marc
  • 05/11/2026

Climat : L’AFC et le Fonds vert mobilisent 690 millions de dollars pour quatre pays africains, dont la Côte d’Ivoire

L'Africa Finance Corporation (AFC) et le Fonds vert pour le climat lancent un mécanisme de financement destiné à accélérer les investissements dans les infrastructures résilientes et les projets à faible émission de carbone. La Côte d'Ivoire, le Bénin, l'Angola et le Nigéria figurent parmi les premiers pays concernés.

Le financement de la transition climatique africaine passe aussi par les infrastructures et les investissements publics. C'est le pari de l'Africa Finance Corporation (AFC) et du Fonds vert pour le climat (FVC), qui ont lancé, le 30 octobre 2026 en Corée du Sud, le Mécanisme souverain pour le climat en Afrique (Africa Sovereign Climate Facility – ASCF), doté d'une enveloppe annoncée de 690 millions de dollars.

Le dispositif entend aider les gouvernements africains à financer des projets capables de répondre simultanément aux impératifs de développement économique et aux risques liés au changement climatique. Sa première phase concerne quatre pays : l'Angola, le Bénin, la Côte d'Ivoire et le Nigéria.

Le montage repose sur une combinaison de financements concessionnels, de ressources commerciales et d'assistance technique. Le Fonds vert pour le climat annonce une contribution de 280 millions de dollars, tandis que l'AFC prévoit de structurer et de financer intégralement une facilité commerciale parallèle pouvant atteindre 260 millions de dollars, avec une maturité maximale de dix ans.

Contrairement à une enveloppe de subventions destinée directement aux populations ou aux entreprises, ce mécanisme doit principalement permettre aux États de financer des investissements éligibles par l'intermédiaire de leurs ministères des Finances. Les ressources seront notamment orientées vers les énergies propres, les réseaux électriques, la sécurité alimentaire et hydrique ainsi que les infrastructures adaptées aux effets du changement climatique.

La Côte d'Ivoire parmi les pays ciblés

Pour la Côte d'Ivoire, cette initiative ouvre une nouvelle possibilité de mobilisation de financements pour accompagner ses priorités de développement. Le pays doit notamment composer avec les effets de la variabilité des précipitations, les risques d'inondation, la dégradation des terres et les pressions exercées sur ses ressources hydriques et agricoles.

Les secteurs ciblés par l'ASCF présentent donc des enjeux économiques directs. Le renforcement des infrastructures énergétiques, l'amélioration de l'accès à l'eau et le développement de systèmes agricoles plus résistants aux aléas climatiques peuvent contribuer à sécuriser les activités productives et à limiter les pertes économiques liées aux événements météorologiques extrêmes.

Toutefois, le communiqué de l'AFC ne précise pas encore la répartition des financements entre les quatre pays ni les montants susceptibles d'être attribués à la Côte d'Ivoire. Les investissements devront être sélectionnés en fonction des priorités nationales et des critères d'éligibilité du mécanisme.

Un financement mixte pour réduire les risques d'investissement

L'intérêt du dispositif tient également à son architecture financière. En associant des ressources concessionnelles à des financements commerciaux, l'AFC et le Fonds vert cherchent à rendre possibles des investissements qui pourraient difficilement être financés dans des conditions exclusivement commerciales.

Cette approche répond à une difficulté structurelle du financement climatique africain : les besoins d'investissement sont considérables, mais les coûts de financement et les risques associés à certains projets limitent leur attractivité auprès des investisseurs.

L'assistance technique et le renforcement des capacités prévus dans le programme doivent également aider les gouvernements à identifier, préparer et structurer des projets susceptibles d'attirer des financements. L'objectif est notamment d'intégrer davantage les considérations climatiques dans la planification économique et budgétaire des États.

Les ambitions affichées sont importantes. Selon les projections communiquées par les deux institutions, le mécanisme devrait permettre d'améliorer la résilience climatique de 4,5 millions de personnes et de réduire ou d'éviter 3,4 millions de tonnes d'équivalent CO₂ sur sa durée de vie.

Un partenariat qui s'inscrit dans la durée

Ce nouveau mécanisme prolonge une collaboration déjà engagée entre les deux institutions. En 2023, le Fonds vert pour le climat avait notamment engagé 253 millions de dollars dans le Fonds pour les infrastructures résilientes au climat (ICRF), géré par AFC Capital Partners, afin de soutenir le développement et le financement d'infrastructures capables de mieux résister aux effets du changement climatique.

Créée en 2007, l'AFC compte aujourd'hui 49 pays membres et indique avoir investi plus de 20 milliards de dollars dans 36 pays africains. Son intervention dans le financement climatique s'inscrit ainsi dans une stratégie plus large de développement des infrastructures énergétiques, industrielles et de transport du continent.

Pour les quatre pays retenus, le véritable enjeu sera désormais de transformer cette capacité de financement en projets concrets. Car, au-delà des montants annoncés, l'efficacité de l'ASCF dépendra de la qualité des investissements sélectionnés, de leur exécution et de leur capacité à produire des effets durables sur les économies concernées.