Au lendemain d’un sommet réunissant l’Égypte, le Soudan, l’Érythrée et la Somalie à El-Alamein, Addis-Abeba a réaffirmé ses intérêts sur le Nil Bleu et la mer Rouge. Une prise de position qui intervient alors que les tensions régionales s’intensifient autour de l’eau, de l’accès maritime et de la sécurité.
L’Éthiopie hausse le ton, sans nommer ses adversaires.
Dans un communiqué publié lundi 5 octobre 2026, son ministère des Affaires
étrangères a réaffirmé les « intérêts légitimes » du pays sur le fleuve Abay,
plus connu sous le nom de Nil Bleu, mais aussi sur la mer Rouge. Le message
intervient moins de 24 heures après un sommet quadripartite organisé à
El-Alamein, en Égypte, entre les dirigeants égyptien, soudanais, érythréen et
somalien.
La proximité des deux événements n’est pas anodine.
Réunis le 4 octobre, les quatre pays ont notamment affirmé que la gouvernance
de la mer Rouge relevait des États riverains. Sur le Nil, ils ont rejeté les
mesures unilatérales susceptibles d’affecter les usages actuels de l’eau par
l’Égypte et le Soudan. L’Éthiopie n’était pas nommée, mais les deux sujets
touchent directement ses intérêts stratégiques.
Le Nil Bleu, un contentieux toujours
ouvert
Addis-Abeba rappelle qu’elle est le pays source de
l’Abay et affirme que le fleuve contribue à environ 85 % du débit total du Nil.
Pour le gouvernement éthiopien, cette réalité doit être prise en compte dans
toute discussion sur l’utilisation et la gestion du cours d’eau.
Cette position s’inscrit dans le contentieux qui
oppose depuis plusieurs années l’Éthiopie à l’Égypte et au Soudan autour du Grand
Ethiopian Renaissance Dam (GERD). Construit sur le Nil Bleu, le barrage permet
à Addis-Abeba de développer son potentiel hydroélectrique, mais inquiète Le
Caire, qui dépend fortement du Nil pour son approvisionnement en eau.
Le sommet d’El-Alamein a donc remis au premier plan le
désaccord sur les règles devant encadrer l’utilisation du fleuve. D’un côté,
l’Égypte et le Soudan défendent la protection de leurs usages actuels ; de
l’autre, l’Éthiopie revendique son droit à exploiter les ressources hydriques
situées sur son territoire.
La mer Rouge, deuxième ligne de fracture
Le communiqué éthiopien élargit toutefois le débat.
Addis-Abeba affirme rester « étroitement liée » à la mer Rouge malgré
l’évolution des frontières politiques. Le ministère rappelle que le territoire
éthiopien se trouve, dans sa partie la plus proche, à environ 48 kilomètres de
la côte et estime que ses intérêts doivent être pris en compte dans les
affaires maritimes et l’architecture sécuritaire régionale.
Cette revendication renvoie à l’enclavement de
l’Éthiopie depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993. Pour une économie de
cette taille, l’accès aux infrastructures portuaires de la région constitue un
enjeu commercial et stratégique majeur.
Or, le sommet d’El-Alamein a précisément rappelé que
la gouvernance de la mer Rouge relève des États côtiers. Addis-Abeba a donc
répondu en réaffirmant que son enclavement ne saurait effacer ses intérêts dans
cet espace.
Des tensions qui dépassent le Nil
Le ton du communiqué est également révélateur.
L’Éthiopie dénonce « la rhétorique politique, les mesures coercitives ou les
actes de déstabilisation » et évoque des « actions menées par procuration »
ainsi que des « actes d’agression ».
Le ministère ne désigne toutefois aucun pays. Il
serait donc imprudent d’attribuer directement ces accusations à l’Égypte, à
l’Érythrée ou au Soudan. Le contexte régional leur donne néanmoins une
résonance particulière.
Les relations entre Addis-Abeba et Asmara se sont
notamment fortement dégradées. Les deux pays se sont accusés mutuellement de
menacer leurs intérêts, tandis que la crise au Tigré a ravivé les tensions dans
la région. L’Union africaine a appelé les parties à la retenue et au maintien
du dialogue.
Au final, le communiqué éthiopien du 5 octobre dépasse
donc largement le seul dossier du barrage de la Renaissance. Eau, ports,
commerce et sécurité se retrouvent désormais imbriqués dans une même bataille
d’influence autour de la Corne de l’Afrique.
En réaffirmant simultanément ses droits sur le Nil
Bleu et ses intérêts dans la mer Rouge, Addis-Abeba envoie un message clair :
son statut de pays enclavé ne signifie pas qu’elle entend rester à l’écart des
équilibres stratégiques de son environnement régional.
Zinia Farnandiz Sep 28, 2024
Absolutely loved this post! Your tips on how to style a blazer are spot on. Keep up the great work, can’t wait for your next post!
Loren Watson Sep 18, 2024
Cover broad of topic in web development industry. Explained a lot of basic programming knowledge with easy to understand explanation.
Walter White Sep 29, 2024
Employees who have the flexibility to work remotely often report higher job satisfaction. This can lead to increased employee retention workforce.