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  • 05/10/2026

Ghana-Égypte : Accra veut s’inspirer du modèle égyptien pour ses infrastructures et renforcer sa coopération stratégique

Le Ghana et l’Égypte veulent donner un nouvel élan à leur coopération dans la défense, l’industrie pharmaceutique et les infrastructures. Accra entend notamment tirer parti de l’expérience égyptienne dans la réalisation de mégaprojets, alors que le pays réfléchit à ses propres projets urbains et à la construction d’une nouvelle capitale.

 

Le rapprochement entre Accra et Le Caire prend une dimension de plus en plus stratégique. Le président ghanéen John Dramani Mahama et son homologue égyptien Abdel Fattah el-Sisi ont convenu de renforcer leur coopération dans plusieurs secteurs jugés prioritaires, à commencer par le commerce, la sécurité, la pharmacie et les infrastructures.

 

Les deux dirigeants se sont entretenus en marge du 8ᵉ Sommet de coordination de mi-année de l’Union africaine, organisé parallèlement à la première édition du Forum africain d’Alamein, en Égypte. Au-delà des références aux liens historiques entre les deux pays, les discussions ont surtout porté sur les moyens de transformer cette proximité politique en coopération économique et stratégique plus concrète.

 

Le modèle égyptien intéresse Accra

 

Pour le Ghana, l’expérience égyptienne dans les grands projets d’infrastructures constitue un point d’attraction majeur. John Dramani Mahama a fait part de l’intérêt de son pays pour l’expertise technique développée par l’Égypte dans la conception et l’exécution de projets d’envergure.

 

Accra souhaite notamment tirer des enseignements de la construction de la Nouvelle Capitale administrative égyptienne, projet emblématique lancé à l’est du Caire. Cette expérience pourrait alimenter les réflexions ghanéennes sur ses propres projets urbains et sur la perspective d’une nouvelle capitale.

 

L’enjeu dépasse donc la simple coopération technique. Pour le Ghana, il s’agit de pouvoir s’appuyer sur une expérience africaine déjà éprouvée dans la planification urbaine, les infrastructures et la réalisation de projets à grande échelle.

 

La pharmacie au cœur du rapprochement commercial

 

Les produits pharmaceutiques constituent un autre axe concret de cette coopération. Les deux présidents ont évoqué la nécessité de faciliter l’enregistrement des médicaments égyptiens au Ghana afin d’améliorer leur accès sur le marché ghanéen.

 

Cette volonté pourrait ouvrir davantage le marché ghanéen aux entreprises pharmaceutiques égyptiennes et, parallèlement, créer de nouvelles opportunités d’investissement. Pour Accra, la démarche répond également à un enjeu de santé publique : élargir l’offre de produits pharmaceutiques disponibles et renforcer les circuits d’approvisionnement.

 

Le dossier s’inscrit dans une volonté plus large d’accroître les échanges commerciaux entre les deux pays. Les dirigeants ont ainsi appelé à renforcer les consultations politiques et à multiplier les activités commerciales bilatérales.

 

Accra veut renforcer son partenariat sécuritaire avec Le Caire

 

La défense occupe également une place importante dans la nouvelle dynamique. John Dramani Mahama souhaite approfondir la coopération sécuritaire avec l’Égypte, dont il considère l’industrie de défense comme une référence susceptible d’intéresser le Ghana.

 

Les discussions devraient notamment porter sur le partage de renseignements, le renforcement des capacités et la lutte contre le terrorisme.

 

Cette dimension prend un relief particulier dans le contexte sécuritaire ouest-africain, marqué par la progression des groupes jihadistes dans le Sahel et par le risque de propagation de la menace vers les pays du Golfe de Guinée. Le Ghana cherche ainsi à renforcer ses capacités alors que la pression sécuritaire s’est progressivement rapprochée des États côtiers d’Afrique de l’Ouest.

 

Les deux parties ont également abordé le soutien à l’Accord Sahel-Golfe de Guinée, ainsi que la question du développement de logements sociaux.

 

De Nkrumah et Nasser à une nouvelle coopération africaine

 

Les présidents Mahama et el-Sisi ont par ailleurs inscrit leur rapprochement dans l’héritage du panafricanisme porté par Kwame Nkrumah et Gamal Abdel Nasser. Les deux dirigeants considèrent que cette histoire commune peut servir de socle à une coopération adaptée aux défis actuels du continent.

 

Le président ghanéen a notamment remercié l’Égypte pour son soutien à la résolution défendue par Accra aux Nations unies sur la question des réparations. Il a demandé au Caire de maintenir cette position alors que les discussions internationales se poursuivent.

 

À travers cette séquence diplomatique, Accra et Le Caire cherchent donc à passer d’une relation fondée sur une histoire politique commune à un partenariat davantage tourné vers les investissements, les infrastructures, l’industrie et la sécurité.

 

Pour le Ghana, l’intérêt est aussi de diversifier ses partenariats et de bénéficier de l’expertise d’un autre acteur africain disposant d’une base industrielle et infrastructurelle importante. Pour l’Égypte, le rapprochement avec Accra offre en retour une porte d’entrée supplémentaire vers l’Afrique de l’Ouest et ses marchés.

 

La coopération annoncée devra désormais franchir l’étape la plus décisive : celle de la concrétisation des engagements politiques en projets, investissements et contrats.