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  • 11/08/2026

Gabon : NSIA veut changer d’échelle dans le financement de l’économie sous Oligui Nguema

Le Groupe NSIA veut renforcer sa présence dans l’économie gabonaise. Reçu le 6 août à Abidjan par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, Jean Kacou Diagou a placé au cœur des échanges les perspectives de développement du groupe au Gabon et sa capacité à accompagner davantage les entreprises, les institutions et les particuliers.

 

Ce rendez-vous intervient à un moment stratégique pour NSIA. Le groupe ivoirien réorganise en effet son pôle bancaire et financier autour de NSIA Holding Financière, désormais présentée comme la structure de tête de ses activités bancaires et financières. Celle-ci doit notamment définir la stratégie et coordonner les activités de ce périmètre.

 

Le communiqué publié par NSIA à l'issue de l'audience ne fait état d'aucun montant d'investissement ni d'un projet précis. Mais un passage attire particulièrement l'attention : le groupe dit vouloir contribuer au financement de « projets structurants créateurs de valeur ».

 

Un marché gabonais en pleine recomposition

 

Pour NSIA, le Gabon n'est pas un nouveau marché. Le groupe y possède depuis plusieurs années des activités d'assurance et dispose donc d'une implantation locale déjà établie. En 2024, ses filiales d'assurance au Gabon avaient notamment conclu un partenariat avec UBA Gabon pour développer des offres de bancassurance dans les agences de la banque.

 

L'enjeu est désormais de pousser plus loin cette présence.

 

Le Gabon cherche à diversifier son économie et à accroître la participation du secteur privé au financement de son développement. Dans ce contexte, les banques, les compagnies d'assurance, les investisseurs institutionnels et les sociétés financières disposent d'un rôle déterminant pour mobiliser l'épargne et financer les entreprises comme les infrastructures.

 

C'est précisément sur ce terrain que NSIA entend se positionner.

 

La nouvelle holding comme bras financier

 

La création de NSIA Holding Financière donne une dimension supplémentaire à cette ambition.

 

Plutôt que de considérer séparément ses différentes activités bancaires, le groupe cherche à renforcer le pilotage d'un ensemble financier capable de proposer des solutions adaptées à différents profils de clients et à différents besoins de financement.

 

Cette approche est cohérente avec l'évolution historique de NSIA. Parti de l'assurance en Côte d'Ivoire, le groupe a progressivement développé des activités bancaires et financières et s'est étendu à douze pays d'Afrique occidentale et centrale.

 

Le Gabon peut ainsi devenir un terrain supplémentaire pour cette stratégie d'intégration.

 

L'objectif n'est plus seulement de vendre des produits d'assurance ou de distribuer des crédits. Il s'agit de construire une offre financière plus large, capable d'accompagner une entreprise depuis ses besoins de financement jusqu'à la couverture de ses risques et, potentiellement, à ses opérations sur les marchés financiers.

 

Une carte à jouer sur les projets structurants

 

Le terme « projets structurants » utilisé par NSIA mérite d'être suivi de près.

 

Dans une économie comme celle du Gabon, les besoins sont importants dans les infrastructures, l'énergie, l'agro-industrie, les transports, le logement ou encore la transformation locale des ressources naturelles.

 

Pour un groupe financier panafricain, ces secteurs offrent des possibilités de financement à long terme, mais également des besoins en garanties, en assurance et en structuration financière.

 

NSIA possède justement plusieurs briques permettant d'intervenir sur cette chaîne.

 

Il serait toutefois prématuré de parler d'engagement financier au Gabon : le groupe n'a annoncé, dans son communiqué du 6 août, ni enveloppe, ni projet, ni calendrier. L'intérêt de l'audience réside pour l'instant dans l'orientation stratégique affichée.

 

Le signal envoyé par Jean Kacou Diagou

 

La présence personnelle de Jean Kacou Diagou est également significative.

 

Le fondateur et président du Groupe NSIA a conduit lui-même la délégation reçue par le chef de l'État gabonais. Cette démarche intervient alors que le groupe renforce son organisation autour de ses pôles financiers.

 

En parallèle, Jean Kacou Diagou a accru ces dernières années son contrôle sur NSIA Participations. Sa participation, via Manzima Holding, est passée de 46,67% à 68,73% en 2025, renforçant son poids dans le capital du groupe.

 

Le mouvement est donc double : consolidation du contrôle au sommet et réorganisation des activités financières à l'intérieur du groupe.

Au Gabon, cette nouvelle architecture pourrait permettre à NSIA de passer d'une logique essentiellement fondée sur la présence de filiales à une logique davantage orientée vers la mobilisation et l'allocation de capitaux.

 

Le prochain test : passer des intentions aux opérations

 

L'audience du 6 août constitue donc moins une annonce financière qu'un signal stratégique.

 

NSIA veut manifestement renforcer son rôle dans le financement des économies africaines, et le Gabon apparaît comme l'un des marchés où cette ambition pourrait prendre forme.

 

Reste désormais à voir si les discussions avec les autorités gabonaises déboucheront sur des opérations concrètes : financement d'entreprises, accompagnement d'investissements privés, partenariats institutionnels ou participation à de grands projets.

 

C'est à ce stade que l'on pourra mesurer la portée réelle de cette nouvelle offensive.

 

Pour NSIA, le sujet dépasse en réalité le seul Gabon : la question est de savoir si sa nouvelle holding financière peut transformer un réseau bancaire et assurantiel panafricain en véritable plateforme régionale de financement.