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  • 11/08/2026

Pétrole et gaz : Au Sénégal, Petrosen tente de réconcilier souveraineté et attractivité des investisseurs

Nommé en juillet 2026 à la tête de Petrosen, la société nationale des pétroles du Sénégal, l'ingénieur Thierno Seydou Ly a fait de la reconquête des investisseurs sa priorité. Objectif : relancer les grands projets gaziers et pétroliers d'un pays devenu producteur en 2024.

 

Petrosen, pilier de l'or noir sénégalais

 

Le Sénégal est entré récemment dans l'ère pétrolière et gazière. Le champ de Sangomar produit du pétrole depuis 2024, environ 100 000 barils par jour, et le gisement gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé avec la Mauritanie, a livré ses premières cargaisons de gaz naturel liquéfié en 2025. Au cœur du dispositif se trouve Petrosen, l'entreprise publique chargée de défendre les intérêts de l'État dans chaque projet et de transformer ces ressources en revenus pour le pays.

 

Reconquérir les investisseurs, ça veut dire quoi ?

 

Exploiter des hydrocarbures coûte des milliards et exige une technologie que le Sénégal ne maîtrise pas seul. L'État s'associe donc à des compagnies étrangères (l'australien Woodside, l'américain Kosmos) qui apportent capitaux et savoir-faire. Or, sous la direction précédente, Dakar avait durci le ton et engagé la renégociation de certains contrats, de quoi refroidir des partenaires attachés à la stabilité. Le nouveau patron entend les rassurer : si les investisseurs se détournent, les chantiers ralentissent et les recettes attendues tardent.

 

Des chantiers à relancer, un enjeu régional

 

Trois dossiers dominent sa feuille de route : la phase 2 de GTA, le développement du gisement Yakaar-Teranga (repris en pleine propriété par Petrosen en avril 2026 après le retrait de Kosmos) et une campagne d'exploration terrestre de 100 millions de dollars lancée début 2026. L'enjeu dépasse Dakar : comme la Côte d'Ivoire avec son gaz offshore, le Sénégal cherche l'équilibre entre contrôle national des ressources et attractivité des capitaux étrangers.

 

Entre souveraineté énergétique et confiance des investisseurs, Dakar parviendra-t-il à tenir les deux bouts sans freiner sa production ?

 

F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info