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  • 17/08/2026

Paiements instantanés : La BCEAO accélère, 104 acteurs désormais autorisés dans l’UEMOA

À six semaines de l’échéance réglementaire du 30 septembre 2026, la BCEAO accélère le déploiement de PI-SPI. Le nombre d’établissements autorisés à proposer les paiements instantanés est passé de 80 à 104 entre fin juin et fin juillet, confirmant la montée en puissance de cette infrastructure appelée à transformer les paiements dans l’espace UEMOA.

 

Le mouvement s’accélère. Au 31 juillet 2026, 104 établissements financiers étaient autorisés à ouvrir les services de la plateforme de paiement instantané PI-SPI à leur clientèle dans l’UEMOA, selon la dernière liste publiée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

 

En l’espace de quelques semaines, 24 nouveaux acteurs ont ainsi franchi le cap de l’autorisation, alors que le nombre de participants était resté stable à 80 entre début avril et fin juin.

 

Cette progression intervient à un moment stratégique. La BCEAO a fixé au 30 septembre 2026 la nouvelle échéance pour l’intégration des banques, établissements de monnaie électronique et établissements de paiement à PI-SPI. Le calendrier initial prévoyait une mise en conformité au 30 juin.

 

L’accélération observée en juillet apparaît donc comme un signal important : à l’approche de la nouvelle échéance, les établissements concernés passent progressivement de la phase de test à l’exploitation effective des services.

 

Le Sénégal et la Côte d’Ivoire en tête

 

La dynamique reste toutefois contrastée selon les marchés.

 

Avec 24 participants autorisés, le Sénégal occupe la première place dans l’Union, juste devant la Côte d’Ivoire, qui en compte 23. Le Mali arrive ensuite avec 14 établissements, suivi du Burkina Faso avec 13.

 

Le Bénin, avec 11 participants, constitue l’un des marchés affichant la progression la plus rapide. Le pays ne comptait que six établissements autorisés au début du mois d’avril.

 

Le Togo en recense neuf, tandis que le Niger et la Guinée-Bissau ferment le classement avec cinq participants chacun.

 

Pays

Participants autorisés au 31 juillet 2026

Sénégal

24

Côte d’Ivoire

23

Mali

14

Burkina Faso

13

Bénin

11

Togo

9

Niger

5

Guinée-Bissau

5

Total UEMOA

 104

 


La Côte d’Ivoire et le Sénégal conservent ainsi leur statut de locomotives du déploiement régional. Mais la progression du Bénin, du Burkina Faso et du Mali montre également que PI-SPI ne se limite pas aux principaux centres financiers de l’Union.

 

Une infrastructure qui dépasse le seul secteur bancaire

 

L’un des enjeux majeurs de PI-SPI réside précisément dans la diversité des acteurs appelés à l'utiliser.

 

Aux côtés des banques traditionnelles figurent des établissements de monnaie électronique, des opérateurs de mobile money ainsi que des institutions financières non bancaires.

 

Des groupes comme Ecobank, Bank of Africa, Coris Bank, Orabank et UBA figurent parmi les acteurs bancaires présents dans le dispositif. À leurs côtés, les services de monnaie électronique et de paiement portés notamment par Orange Money, Moov Money ou MTN participent à élargir le périmètre de l'infrastructure.

 

Cette architecture est stratégique pour la BCEAO. Elle doit permettre de rapprocher deux univers longtemps séparés : celui des services bancaires classiques et celui du mobile money.

 

L'enjeu dépasse donc la simple rapidité des transactions. Il concerne directement l'interopérabilité, c'est-à-dire la capacité pour un utilisateur d'effectuer un paiement ou un transfert vers un autre établissement, indépendamment de son réseau ou de son pays au sein de l'Union.

 

Pour les économies de l’UEMOA, cette interopérabilité peut contribuer à réduire la fragmentation des paiements numériques et à faciliter les échanges financiers transfrontaliers.

 

Une échéance qui reste déterminante

 

Le déploiement n’est toutefois pas terminé.

 

Les banques, établissements de monnaie électronique et établissements de paiement disposent désormais jusqu’au 30 septembre 2026 pour achever leur intégration. Les institutions de microfinance bénéficient, elles, d’un calendrier plus long, avec une échéance fixée au 30 juin 2027.

 

La différence entre les 104 établissements déjà autorisés et l’ensemble des acteurs concernés montre que le chantier reste considérable.

 

Mais la progression enregistrée entre juin et juillet constitue un changement de rythme notable. Si cette accélération se poursuit, la BCEAO pourrait atteindre une couverture beaucoup plus large du secteur financier régional au cours des prochains mois.

 

PI-SPI, un test grandeur nature pour l’intégration financière

 

Officiellement lancée le 30 septembre 2025, PI-SPI constitue l’une des pièces maîtresses de la stratégie de modernisation des paiements de la BCEAO.

 

Son ambition est de permettre aux populations et aux entreprises de réaliser des paiements instantanés, interopérables et accessibles à travers les huit pays de l’UEMOA, quel que soit leur établissement financier.

 

L’enjeu est donc autant technologique qu’économique.

 

Pour les entreprises, une infrastructure de paiement régional plus fluide peut faciliter les règlements et améliorer la circulation des liquidités. Pour les particuliers, elle doit rendre les transferts numériques plus simples et réduire la dépendance aux circuits de paiement cloisonnés.

 

À terme, la réussite de PI-SPI se mesurera moins au nombre d’établissements connectés qu’à son taux d’utilisation réel par les ménages et les entreprises.

 

Avec 104 participants autorisés au 31 juillet, la BCEAO a franchi un nouveau palier. Reste désormais à transformer cette progression réglementaire et technique en adoption massive. Le véritable test de PI-SPI commence maintenant.