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  • 12/08/2026

Ghana : Inflation à 4,6%, croissance à 6,4%… la Bank of Ghana veut transformer les transferts de la diaspora en investissements

Avec une croissance de 6,4% au premier trimestre 2026 et une inflation ramenée à 4,6% en juillet, le Ghana bénéficie d’un environnement macroéconomique plus favorable. La Bank of Ghana veut désormais que les banques transforment davantage les transferts de la diaspora en épargne et en investissements productifs.

 

Le Ghana veut tirer davantage parti de ses flux financiers en provenance de l’étranger. Lors d’une rencontre tenue mercredi 12 août 2026 à Bank Square avec les dirigeants des banques, le gouverneur de la Bank of Ghana, Dr Johnson Pandit Asiama, a appelé le secteur bancaire à développer de nouvelles solutions pour permettre aux Ghanéens de la diaspora d’épargner et d’investir plus facilement dans leur pays.

 

Cette initiative intervient dans un contexte macroéconomique plus favorable. Selon les données communiquées par la banque centrale, le PIB réel du Ghana a progressé de 6,4% au premier trimestre 2026, principalement grâce aux secteurs des services et de l’industrie.

 

Dans le même temps, l’inflation poursuit son ralentissement. Elle est passée de 5,3% en juin à 4,6% en juillet 2026, soutenue notamment par le ralentissement de l’inflation alimentaire et une stabilité relative du taux de change.

 

Des transferts à l’investissement

 

Pour la Bank of Ghana, l’amélioration de ces indicateurs doit désormais se traduire par une mobilisation plus efficace des ressources disponibles dans l’économie.

 

Le gouverneur a ainsi demandé aux banques de tirer davantage parti des plateformes numériques et mobiles afin de faciliter l’épargne et l’investissement des Ghanéens vivant à l’étranger.

 

L’enjeu est de faire évoluer la fonction traditionnelle des transferts de fonds. Une partie de ces ressources, généralement destinées au soutien des familles et aux dépenses courantes, pourrait être orientée vers des produits financiers susceptibles de contribuer davantage au financement de l’économie.

 

« Une banque résiliente doit faire plus que préserver la stabilité ; elle doit activement traduire cette stabilité en opportunités à travers l’économie », a déclaré Dr Asiama, selon le communiqué publié par la Bank of Ghana.

 

Cette orientation suppose notamment que les établissements bancaires développent des produits d’investissement spécifiquement destinés à la diaspora. Le gouverneur souhaite que les transferts ne se limitent plus aux opérations de paiement, mais puissent également alimenter l’épargne, l’investissement et d’autres activités économiques productives.

 

La banque digitale au cœur du dispositif

 

La dimension numérique occupe une place centrale dans cette stratégie. Pour les banques ghanéennes, l’objectif consiste à permettre aux clients installés à l’étranger d’accéder plus facilement à des services financiers dans leur pays d’origine, sans les contraintes liées à la distance.

 

Les applications mobiles et les plateformes numériques peuvent ainsi devenir des canaux privilégiés pour ouvrir et alimenter des comptes, épargner ou accéder à des produits d’investissement.

 

Cette évolution ouvre également un nouveau terrain de concurrence entre les banques. La capacité à proposer une expérience numérique simple, sécurisée et adaptée aux besoins de la diaspora pourrait devenir un facteur déterminant pour capter une part plus importante de ces flux.

 

Une conjoncture qui donne davantage de marge aux banques

 

La stratégie intervient alors que le secteur bancaire ghanéen présente lui aussi des signes de renforcement.

 

Selon les dernières données disponibles de la Bank of Ghana, les actifs du secteur bancaire ont progressé de 30,7% sur un an en juin 2026, tandis que le ratio de solvabilité atteignait 20,4%. Le ratio de prêts non performants a, pour sa part, reculé à 16,1%, contre 23,1% un an plus tôt.

 

Ces indicateurs ne signifient pas que les risques ont disparu. Mais ils témoignent d’une amélioration de la capacité du secteur à absorber les chocs et à soutenir davantage l’activité économique.

 

C’est précisément le rôle que le gouverneur entend désormais renforcer. Pour la Bank of Ghana, la stabilité financière ne doit pas constituer une finalité en soi. Elle doit permettre aux banques de contribuer davantage au financement de la croissance.

 

Le défi de la confiance

 

La volonté d’orienter davantage les remises vers l’investissement pose toutefois une question centrale : comment convaincre les membres de la diaspora de transformer une partie de leurs transferts en placements de long terme au Ghana ?

 

La réponse passera probablement par des produits adaptés, mais aussi par la confiance dans le système financier, la simplicité des opérations à distance et la transparence des placements proposés.

 

Le message adressé aux banques est donc clair : le prochain enjeu n’est plus seulement de recevoir les transferts de la diaspora, mais de capter une partie de leur potentiel d’épargne et d’investissement.

 

Avec une croissance de 6,4% et une inflation revenue à 4,6%, Accra dispose aujourd’hui d’un contexte plus favorable pour engager cette transformation. Reste aux banques à convertir cette fenêtre macroéconomique en produits financiers suffisamment attractifs pour faire de la diaspora une source plus durable de capitaux pour l’économie ghanéenne.